Après une flambée des valeurs technologiques de grande envergure, les investisseurs s’interrogent sur un possible retournement de situation : l’argent des investisseurs institutionnels pourrait-il se détourner du secteur technologique pour se diriger vers l’énergie ? Cette interrogation émerge alors que l’engouement pour l’intelligence artificielle continue de gonfler les valorisations des entreprises technologiques, tandis que les actions du secteur énergétique affichent des multiples plus modestes.
La technologie, portée par l’IA, le cloud et la monétisation des logiciels, continue de dominer la croissance des bénéfices. Des géants comme Nvidia (NASDAQ :), Microsoft (NASDAQ 🙂 et Apple (NASDAQ 🙂 affichent une forte croissance de leurs revenus, des marges élevées et une solide situation financière. Même lors de phases de correction, les investisseurs institutionnels ont régulièrement profité des baisses pour renforcer leurs positions, témoignant d’une confiance à long terme. Cependant, les valorisations de certaines entreprises technologiques atteignent des niveaux historiquement élevés, ce qui accroît le risque d’une rotation des capitaux si la dynamique de croissance ralentit.
Le secteur de l’énergie, représenté par des acteurs majeurs tels qu’Exxon Mobil (NYSE 🙂 et Chevron (NYSE :), pourrait bénéficier de ce repositionnement. Historiquement cyclique, lié aux prix du pétrole, à la demande mondiale et aux tensions géopolitiques, ce secteur attire souvent les capitaux axés sur la valeur après des périodes de sous-performance. Les actions énergétiques présentent des multiples cours/bénéfices (P/E) inférieurs à ceux de la technologie, génèrent un flux de trésorerie important, versent des dividendes attractifs et mettent en œuvre des programmes de rachat d’actions. Une stabilisation ou une hausse des prix du brut pourrait permettre aux grandes compagnies pétrolières intégrées de générer des liquidités considérables, offrant à la fois des revenus et une certaine protection en période d’incertitude.
Pour suivre ces mouvements de capitaux, les ETF sectoriels (fonds négociés en bourse) constituent un indicateur précieux. Les performances relatives et les flux financiers des fonds SPDR du secteur technologique sélectionné (NYSE 🙂 et du secteur énergétique sélectionné (NYSE 🙂 peuvent révéler les tendances du positionnement institutionnel. Si XLK (technologie) continue de surperformer, cela confirme la domination du secteur. En revanche, si XLE (énergie) commence à afficher une meilleure performance relative, cela pourrait signaler une rotation en cours.
Plusieurs facteurs macroéconomiques pourraient influencer cette rotation. Les taux d’intérêt, par exemple, pèsent généralement plus lourdement sur les valeurs technologiques que sur les valeurs du secteur de l’énergie. Une hausse des taux pourrait donc favoriser les secteurs défensifs et axés sur la valeur. L’évolution des prix des matières premières, notamment du pétrole, peut également entraîner un déplacement rapide des capitaux vers les producteurs d’énergie. De même, des révisions à la hausse des prévisions de bénéfices dans le secteur de l’énergie, combinées à un ralentissement dans le secteur technologique, pourraient inciter les institutions à rééquilibrer leurs portefeuilles. Enfin, l’appétit pour le risque joue un rôle : la technologie prospère dans un environnement favorable à la prise de risque, tandis que l’énergie peut surperformer en période d’incertitude inflationniste ou géopolitique.
À ce stade, plutôt que de choisir entre l’un ou l’autre secteur, les institutions pourraient adopter une stratégie plus nuancée : réduire leur exposition aux valeurs technologiques surévaluées, ajouter une exposition sélective au secteur de l’énergie et opérer une rotation au sein même des secteurs (par exemple, en privilégiant les entreprises d’IA de second rang plutôt que les géants de la technologie). La clé réside dans l’analyse de la dynamique relative des bénéfices, et non dans les gros titres.
Plusieurs scénarios sont envisageables. Dans un scénario favorable à la technologie, l’accélération des dépenses en IA, des bénéfices solides et une baisse des rendements obligataires pourraient soutenir la croissance du secteur. À l’inverse, une hausse des prix du pétrole, un retour des préoccupations inflationnistes et une compression des multiples technologiques pourraient favoriser une rotation vers l’énergie. À court terme, la technologie reste le principal moteur de la croissance structurelle, mais l’énergie pourrait offrir un potentiel de hausse asymétrique si la dynamique des matières premières évolue.
Les investisseurs doivent donc surveiller attentivement la force relative des ETF XLE et XLK, les révisions des bénéfices, les tendances des prix du pétrole et les rendements obligataires. La question n’est pas de savoir si une rotation aura lieu, mais plutôt de savoir si elle a déjà commencé à se dessiner en coulisses.