Home Divertissement The R-Rated 90s Sci-Fi Made To Teach Hollywood A Lesson

The R-Rated 90s Sci-Fi Made To Teach Hollywood A Lesson

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Avant de révolutionner le genre avec Spider-Man, Sam Raimi a tenté de lancer une franchise de super-héros sombre et originale avec Darkman en 1990. Un projet qui, malgré un démarrage prometteur, n’a pas rencontré le succès escompté, mais qui a posé les jalons de sa vision unique du cinéma de super-héros.

À la suite du succès retentissant de Batman en 1989, les studios hollywoodiens se sont lancés dans une course pour trouver le prochain grand héros à l’écran. Contrairement à la vague de films de super-héros du début des années 2000, les producteurs de l’époque ont puisé leur inspiration dans les héros pulp des années 1930, donnant naissance à des adaptations de personnages tels que Dick Tracy, The Shadow et The Phantom.

Universal Studios, cherchant à reproduire la formule de Batman, a envisagé de confier la réalisation de l’adaptation de The Shadow à Sam Raimi, alors un jeune réalisateur prometteur, notamment grâce à son film Evil Dead 2. Cependant, le studio a finalement renoncé à lui. Déçu, Raimi a alors décidé de développer son propre super-héros, un personnage qu’il avait imaginé des années auparavant dans une nouvelle : Darkman.

Dans Darkman, Liam Neeson incarne le Dr Peyton Westlake, un scientifique spécialisé dans la peau synthétique. Victime d’une attaque brutale qui le laisse atrocement défiguré, il acquiert des forces surhumaines grâce à une opération expérimentale. Utilisant sa nouvelle peau synthétique pour se déguiser, il se lance dans une quête de vengeance contre le réseau criminel responsable de son sort. Le film explore la transformation émotionnelle de Westlake, qui embrasse peu à peu une existence monstrueuse, allant jusqu’à repousser l’amour de sa petite amie, Julie.

Darkman est un mélange unique d’action héroïque à la manière des pulp et de tragédie gothique. Il démontre la capacité de Sam Raimi à comprendre les codes du film de super-héros, mais n’a pas réussi à créer la franchise que Universal espérait. Le film a certes débuté en tête du box-office américain, mais avec des chiffres décevants par rapport aux attentes générées par Batman.

Les suites de Darkman ont été directement distribuées en vidéo, avec un changement d’acteur principal, signe que le studio avait abandonné l’idée de développer une franchise à long terme. « Un succès modeste n’est pas suffisant », explique-t-on, car Universal visait une véritable vague de popularité, comparable à celle de Batman.

L’échec de Darkman s’explique en partie par son originalité. Le film était trop sombre pour devenir un classique culte et trop violent pour attirer un public familial, alors que les enfants étaient le moteur économique de Batman et des films de genre du début des années 1990. Un héros au visage déformé, dont la rage est alimentée par des produits chimiques, et dont l’histoire d’amour se termine dans un parking, n’était pas un modèle commercial viable.

Rapidement oublié par le grand public, Darkman a été éclipsé par des échecs commerciaux moins importants, comme The Shadow, et reste aujourd’hui principalement connu des fans de Sam Raimi. Il est arrivé trop tôt pour être considéré comme expérimental, et trop tard pour profiter de l’engouement suscité par Batman.

Cependant, l’expérience acquise avec Darkman a été précieuse pour Sam Raimi. Douze ans plus tard, il a réalisé Spider-Man, l’un des films de super-héros les plus influents de tous les temps. Il a tiré des leçons de son précédent projet, notamment en explorant la relation complexe entre Peter Parker et le Bouffon Vert. Un clin d’œil discret à Darkman apparaît même dans Spider-Man, lors d’une séquence de rêve après la morsure de l’araignée.

Pour beaucoup, c’est avec Darkman que l’histoire du cinéma de super-héros moderne a véritablement commencé : avec un réalisateur visionnaire, privé du projet qu’il convoitait, qui a finalement réussi à imposer sa propre voie.

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