Publié le 21 février 2026 à 09h06. Une campagne de boycott baptisée « QuitGPT » vise à inciter les utilisateurs à abandonner le chatbot d’intelligence artificielle ChatGPT, en raison de préoccupations politiques liées à des dons financiers à la campagne de Donald Trump et à l’utilisation de la technologie par les forces de l’ordre américaines.
- La campagne « QuitGPT » appelle à la désinstallation de ChatGPT et à l’annulation des abonnements.
- Les initiateurs dénoncent les dons de responsables d’OpenAI, la société mère de ChatGPT, à la campagne de Donald Trump.
- L’utilisation de l’IA par l’agence américaine ICE pour le recrutement soulève également des inquiétudes.
Avec près de 900 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires à travers le monde, ChatGPT est devenu l’un des outils d’intelligence artificielle les plus populaires. Cependant, sa domination n’est pas sans susciter des critiques, allant de performances jugées décevantes avec le modèle GPT-5.2 à des questions de protection des données, en passant par la présence de publicités et les risques potentiels pour la santé mentale.
Au cœur des préoccupations des organisateurs de « QuitGPT » se trouve l’engagement politique de certains dirigeants d’OpenAI. Ils pointent du doigt les dons importants effectués par Greg Brockman, co-fondateur de l’entreprise, et son épouse à la campagne de réélection de Donald Trump, s’élevant à 12,5 millions de dollars américains chacun (environ 9,6 millions de francs suisses).
Un autre sujet de controverse concerne l’implication d’OpenAI dans des projets gouvernementaux. Selon un inventaire des systèmes d’intelligence artificielle publié en janvier par le département américain de la Sécurité intérieure, l’agence ICE (Immigration and Customs Enforcement), chargée des expulsions de migrants aux États-Unis, utilise un outil basé sur GPT-4 pour identifier de nouveaux agents.
Le collectif « QuitGPT », qui se décrit comme un « collectif de militants pour la démocratie », a lancé son site web quitgpt.org début février. Il encourage les utilisateurs à supprimer ChatGPT, à résilier leurs abonnements et à diffuser l’information sur les réseaux sociaux. Ils recommandent également des alternatives open source et respectueuses de la vie privée, telles que Confer, Alpine, Lumo et Claude.
Les organisateurs affirment avoir recueilli plus de 17 000 inscriptions sur leur site et comptent le soutien de 700 000 sympathisants, dont l’acteur Mark Ruffalo.
L’impact réel de cette campagne de boycott reste incertain. « Il existe de nombreux exemples de campagnes de ce type qui ont échoué, mais nous avons également constaté une grande efficacité », a déclaré la sociologue Dana Fisher de l’université américaine au magazine MIT Technology Review. Elle souligne qu’un boycott doit atteindre une masse critique pour influencer le comportement d’une entreprise, et que le facteur déterminant réside dans la capacité des consommateurs à utiliser leur pouvoir d’achat pour exprimer leurs convictions politiques.
L’initiative « Resist and Unsubscribe », lancée par l’entrepreneur américain Scott Galloway, poursuit un objectif similaire en ciblant plusieurs géants technologiques, dont Google, Meta et OpenAI, en raison de leurs liens présumés avec la politique de Donald Trump.