Publié le 22 février 2026 à 23:21:00. Washington tente de rassurer ses partenaires commerciaux après une décision de justice américaine qui remet en question la légalité des tarifs douaniers imposés par Donald Trump, tandis que l’Union européenne exige le respect des accords en vigueur.
- La Commission européenne insiste sur le respect d’un taux maximal de droits de douane de 15 %, estimant qu’un accord est un accord.
- Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, affirme que les accords existants, notamment avec l’UE, restent en vigueur.
- Le Parlement européen envisage de suspendre l’accord douanier avec les États-Unis en raison de l’incertitude créée par les nouvelles menaces tarifaires.
La décision de la Cour suprême des États-Unis, rendue vendredi, a invalidé une grande partie des tarifs douaniers mis en place par l’administration Trump, estimant que la loi d’urgence invoquée ne permet pas au président d’imposer de tels droits de douane sans l’approbation du Congrès. Suite à cette décision, Donald Trump a annoncé de nouveaux tarifs temporaires de 10 %, qu’il a ensuite relevés à 15 %, le maximum autorisé par la loi.
La Commission européenne a fermement réagi à ces nouvelles menaces, exigeant que les accords en vigueur soient respectés. « Un accord est un accord », a déclaré un porte-parole de la Commission, soulignant l’importance pour les États-Unis de « tenir leurs engagements ». L’UE et les États-Unis avaient conclu un accord douanier l’année dernière, dans lequel Washington s’était engagé à ne pas dépasser un taux de droit de 15 % sur les importations européennes.
Jamieson Greer a déclaré espérer que les États-Unis continueraient de respecter leurs accords commerciaux. Il a affirmé qu’aucun pays ne l’avait contacté pour demander l’annulation d’un accord existant et a réitéré l’engagement américain à respecter ses engagements, y compris ceux pris avec l’Union européenne. Il a également indiqué avoir discuté avec son homologue européen ce week-end et prévoit de contacter d’autres partenaires commerciaux clés pour les rassurer.
Au Parlement européen, la situation suscite de vives inquiétudes. Bernd Lange, président de la commission du commerce, a proposé de suspendre l’accord actuel avec les États-Unis, estimant qu’il est nécessaire d’obtenir des « clarté et sécurité juridique » avant de prendre de nouvelles mesures. Il a souligné l’incertitude quant à la capacité des États-Unis à respecter leurs engagements.
L’économiste Jens Südekum estime que l’accord douanier conclu entre les États-Unis et l’UE est désormais compromis. Il considère que la situation actuelle offre une opportunité à l’Europe, car l’imprévisibilité de la politique douanière américaine pourrait dissuader les investisseurs. « Emmanuel Macron a raison de souligner que notre avantage géographique réside dans la sécurité juridique », a-t-il déclaré.
La Cour suprême des États-Unis a déclaré illégales la plupart des tarifs douaniers de Trump le vendredi 21 février 2026, jugeant que la loi d’urgence invoquée ne donnait pas au président le pouvoir d’imposer de tels droits de douane. Cette décision représente un revers majeur pour Donald Trump.