Publié le 23 février 2026. Face à l’augmentation du stress et du burn-out au travail, des chercheurs proposent de repenser fondamentalement notre approche du travail, en s’inspirant des principes de l’économie circulaire pour préserver le bien-être des employés.
Près de la moitié des salariés dans le monde déclarent être actuellement épuisés, et près des trois quarts des travailleurs américains estiment que le stress au travail affecte leur santé mentale. Ces chiffres alarmants soulignent un problème systémique, enraciné dans une conception du travail héritée des méthodes d’optimisation industrielle développées à la fin du XIXe siècle par l’ingénieur américain Frederick Taylor. Taylor considérait les travailleurs comme des éléments interchangeables d’une machine, mesurés et optimisés pour l’efficacité.
Si notre compréhension de la santé mentale et de la capacité de travail a considérablement évolué depuis l’époque de Taylor, de nombreux lieux de travail continuent de privilégier la performance et les objectifs à court terme au détriment du bien-être des employés. Cette approche conduit inévitablement à l’épuisement, au désengagement et, finalement, au burn-out.
C’est pourquoi Christine Ipsen, professeure en mise en œuvre technologique à l’Université technique du Danemark, et Maria Karanica-Murray, professeure de psychologie du travail et des organisations à l’Université de Leicester, proposent une nouvelle approche : le « travail circulaire ». S’inspirant des principes de l’économie circulaire, cette approche considère le travail non pas comme une consommation de ressources humaines, mais comme un cycle où l’effort est compensé par la récupération, l’apprentissage et le renouveau.
Le travail circulaire repose sur quatre idées fondamentales : toutes les ressources humaines (énergie, compétences, connaissances, relations) sont interconnectées ; il est possible de récupérer et de régénérer ces ressources grâce au repos, au soutien et à l’apprentissage ; la conception du travail peut soit épuiser, soit revitaliser les employés ; et un travail durable nécessite la protection et le renouvellement des ressources humaines, en investissant dans le bien-être et le développement.
Cette approche implique un changement de perspective dans la gestion quotidienne. Les décisions concernant la charge de travail, l’autonomie, le temps de récupération, la reconnaissance et le soutien doivent viser à revitaliser les employés plutôt qu’à les épuiser. La sécurité psychologique, c’est-à-dire la possibilité de s’exprimer et de prendre des risques sans crainte de représailles, est également essentielle.
« Récompenser les managers et les équipes qui protègent le bien-être réduit le stress, retient les talents et donne envie aux organisations de travailler. »
Le leadership joue un rôle crucial dans cette transformation. Les organisations doivent évaluer l’impact réel de leurs pratiques de gestion sur le bien-être des employés, en tenant compte de l’absentéisme, du présentéisme et du taux de rotation du personnel. En fin de compte, tant que le travail sera conçu comme une machine à maximiser le rendement, le burn-out restera une conséquence prévisible. Mais une performance durable est possible, à condition de concevoir des lieux de travail qui protègent et renouvellent les personnes qui y travaillent.
Pour en savoir plus, consultez cette étude sur l’épuisement des ressources naturelles et son parallèle avec l’exploitation des ressources humaines au travail.
Cet article a été initialement publié par La Conversation et fait partie d’un partenariat entre Videnskab.dk et La Conversation.
Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et ne représentent ni ne reflètent les opinions de RTÉ.