L’évacuation précipitée de Kiev, en Ukraine, a profondément marqué le parcours d’Isabelle Boyd, une étudiante américaine qui, malgré une vie passée à voyager à travers le monde, a vu son quotidien basculer avec l’imminence de la guerre. Son expérience, à la fois personnelle et formatrice, a façonné ses choix d’études et sa vision du monde.
À retenir
- Isabelle Boyd a vécu dans huit pays différents en raison du métier de son père, agent du service extérieur américain.
- L’évacuation de Kiev en janvier 2022, juste avant l’invasion russe, a été un moment charnière dans sa vie.
- Elle poursuit désormais ses études à Virginia Tech, où elle combine la rédaction technique et professionnelle avec la psychologie.
En janvier 2022, alors que la tension montait en Ukraine, Isabelle Boyd, sa mère et sa sœur ont quitté Kiev à bord d’un bus en direction de l’aéroport, rejoignant d’autres familles de l’ambassade américaine. Le vol de 11 heures vers l’aéroport international de Dulles, en Virginie, fut empreint d’une atmosphère pesante, rythmée par les pleurs des bébés et les aboiements des chiens. À l’époque, la famille Boyd pensait à un départ temporaire, estimant qu’ils pourraient retourner à Kiev une fois le conflit apaisé. Le père d’Isabelle, affecté à l’ambassade en tant que personnel essentiel, devait rester sur place.
Mais l’invasion russe du 24 février 2022 a mis fin à ces espoirs. La famille ne remit plus les pieds en Ukraine. Isabelle Boyd a alors repris ses études, intégrant Virginia Tech où elle se spécialise en rédaction professionnelle et technique, ainsi qu’en psychologie. Elle a trouvé un écho à son expérience dans un essai personnel qui lui a permis d’intégrer l’université.
« Nous avons plaisanté en disant que cela ferait une excellente dissertation universitaire », a-t-elle déclaré, se remémorant les discussions avec ses amis juste avant l’évacuation. « Nous parlions de nos week-ends dans des lieux chargés d’histoire, des potins de lycée et de la possibilité d’une invasion. »
Le parcours d’Isabelle Boyd est marqué par une succession de déménagements. Née en Lituanie, elle a ensuite vécu en Arménie, en Moldavie, au Turkménistan, en Ouzbékistan, en Turquie et enfin en Ukraine, avec quelques séjours en Virginie entre chaque étape. Sa grand-mère paternelle soulignait toujours sa capacité à s’adapter à ces changements constants. « Elle ne savait pas comment nous y parvenions, mais c’est exactement ce que nous avons toujours fait », se souvient Isabelle Boyd.
Cependant, le départ d’Ukraine fut différent. Brutal et imprévu, il l’a contrainte à interrompre sa vie d’adolescente, entre cours, amis et lectures. Elle avait intégré un lycée ukrainien en ligne pendant la pandémie de COVID-19, puis était revenue en présentiel, tissant des liens forts avec ses camarades. « C’était probablement la partie la plus triste, d’avoir un si bon groupe d’amis après avoir passé un an entièrement en ligne et de devoir partir si vite », a-t-elle confié.
De retour en Virginie, Isabelle Boyd a continué à entretenir des liens avec ses amis ukrainiens, suivant ses cours en ligne avec un décalage horaire important. Elle a trouvé du réconfort dans le soutien mutuel avec ses camarades, partageant les difficultés de l’exil à distance. « Nous étions tous dans des endroits différents, mais nous vivions cela ensemble », a-t-elle expliqué. « Nous nous connections sur Zoom et voyions les visages fatigués des uns et des autres. »
Son expérience l’a amenée à réfléchir sur l’importance de l’empathie et de la compréhension mutuelle. Elle espère que son témoignage pourra sensibiliser les autres à la réalité des conflits et à l’impact qu’ils ont sur les individus. « Les personnes qui vivent dans des conflits ont des opinions très personnelles sur ce qui se passe », a-t-elle souligné. « Je pense qu’il est très utile d’aborder les gens avec ouverture d’esprit et d’essayer de comprendre leur point de vue. »
Aujourd’hui, Isabelle Boyd s’épanouit à Virginia Tech, où elle combine ses études avec des activités sur le campus, notamment en tant que coach d’écriture et assistante pédagogique. Elle a trouvé une communauté stimulante et diversifiée, et se projette dans l’avenir avec optimisme.