Le gouvernement suédois s’apprête à soumettre au Parlement une série de réformes migratoires d’envergure, visant à durcir les conditions d’entrée et de séjour dans le pays. Ces textes, dont les votes clés sont programmés avant les élections de septembre, marquent un tournant dans la politique d’immigration suédoise.
Plusieurs échéances parlementaires sont prévues dans les prochaines semaines. Le 18 mars, les députés devraient se prononcer sur une proposition visant à relever le seuil de salaire requis pour l’obtention d’un permis de travail à 90 % du salaire médian suédois, tout en introduisant un système d’exemptions pour certaines professions. Un débat parlementaire sur ce sujet est prévu le 16 mars.
Le 29 avril, le Parlement examinera et votera sur deux projets de loi distincts. Le premier concerne l’amélioration des règles de résidence pour les chercheurs et les doctorants étrangers. Le second vise à renforcer les conditions d’accès à la nationalité suédoise, en portant la durée de résidence requise de cinq à huit ans et en introduisant de nouvelles exigences en matière de langue, de connaissances civiques et d’autonomie financière.
Le 20 mai, les parlementaires seront appelés à débattre et à voter sur la suppression de la possibilité pour les migrants demandeurs d’asile, les bénéficiaires d’une résidence de longue durée et certaines autres catégories de personnes d’obtenir la résidence permanente en Suède. Par ailleurs, ils examineront des amendements constitutionnels permettant de retirer la nationalité suédoise aux citoyens binationaux qui commettraient des actes portant « atteinte aux intérêts vitaux de la Suède ». Ce dernier projet de loi nécessitera un second vote après les élections du 13 septembre pour entrer en vigueur.
Enfin, le 6 juin, le Parlement devra se prononcer sur une proposition conférant à l’Agence des migrations le pouvoir de refuser ou de révoquer un titre de séjour en cas de « mode de vie défectueux », notamment en cas de commission de délits, d’abus du système de protection sociale ou de non-paiement de dettes. À ce stade, le gouvernement n’a pas encore publié de projet de loi à ce sujet.
Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre d’un « changement de paradigme sur la migration » annoncé par le gouvernement suédois, qui cherche à resserrer les contrôles aux frontières et à limiter l’immigration.