L’avenir de l’intelligence artificielle (IA) se joue ce mercredi soir : les résultats trimestriels de Nvidia, le géant américain des semi-conducteurs, sont scrutés de près par les marchés et les acteurs de la technologie. Ces chiffres clés pourraient bien confirmer ou infirmer l’enthousiasme actuel autour de l’IA et de ses perspectives de croissance.
Nvidia, dont la capitalisation boursière oscille autour de 5 000 milliards de dollars (environ 4 600 milliards d’euros), a su s’imposer comme un acteur central de la révolution de l’IA. Les investisseurs attendent avec impatience de savoir si l’entreprise parviendra à poursuivre sa croissance spectaculaire, après avoir déjà dépassé les attentes pendant treize trimestres consécutifs.
Les analystes prévoient un chiffre d’affaires d’environ 65,6 milliards de dollars (environ 61 milliards d’euros), soit une augmentation de 67 % sur un an, et un bénéfice par action de 1,52 dollar, en hausse de 71 % par rapport à l’année précédente. Ces estimations ont d’ailleurs été revues à la hausse à onze reprises au cours des dernières semaines, signe d’un optimisme croissant.
La division Data Center devrait être le principal moteur de cette croissance, représentant près de 90 % du chiffre d’affaires total. Les dépenses massives des entreprises spécialisées dans le cloud en matière d’IA générative et d’inférence, ainsi que le succès des nouvelles architectures Blackwell, devraient contribuer à cette performance. On estime que les premières livraisons de Blackwell pourraient générer environ 9 milliards de dollars (environ 8,4 milliards d’euros) de revenus au cours de ce seul trimestre.
Les activités de Nvidia dans les domaines des jeux vidéo (4,3 milliards de dollars prévus), de la visualisation professionnelle (758 millions de dollars) et de l’automobile (663 millions de dollars) devraient également afficher une croissance solide, mais moins spectaculaire.
Au-delà des chiffres, plusieurs facteurs clés seront scrutés par les investisseurs. La série Blackwell (B200/GB200) est actuellement en production à grande échelle, avec des commandes pour l’exercice 2026 atteignant un montant total de 500 milliards de dollars (environ 460 milliards d’euros). La puce Rubin, dont les livraisons devraient débuter au troisième trimestre de l’exercice 2027, pourrait également fournir des indications précieuses sur les perspectives à long terme de l’entreprise.
Cependant, des risques et des incertitudes subsistent. Les restrictions à l’exportation imposées par les États-Unis pourraient affecter les ventes de Nvidia en Chine. La concurrence d’autres acteurs, tels que Google avec ses TPU, pourrait également exercer une pression sur les marges. Enfin, les pénuries de mémoire et les limitations de capacité de la technologie CoWoS pourraient freiner la croissance de l’entreprise.
Les analystes estiment que l’action Nvidia pourrait connaître une volatilité importante après la publication des résultats, avec une fourchette de variation potentielle de +/- 6 %. Les niveaux clés à surveiller se situent autour de 194,50 dollars (environ 180 euros), qui pourrait déclencher une nouvelle hausse vers des sommets historiques, et de 191,50 dollars, qui pourrait signaler un retournement de tendance.