Publié le 26 février 2026. Le Conseil de presse indonésien examine de près les implications d’un accord commercial bilatéral avec les États-Unis, craignant un impact négatif sur le financement des médias locaux et la pérennité du journalisme indépendant.
- Le Conseil de presse s’inquiète d’une disposition de l’accord qui pourrait empêcher l’Indonésie d’exiger des plateformes numériques américaines de rémunérer les médias locaux pour la diffusion de leurs contenus.
- Une réunion à huis clos a réuni les dirigeants des organisations de journalistes pour anticiper les défis potentiels liés à la mise en œuvre de l’accord.
- Le Conseil attend des éclaircissements du gouvernement indonésien avant de prendre position sur l’accord.
Jakarta se prépare à évaluer les conséquences d’un accord commercial avec les États-Unis sur son secteur des médias. Le Conseil de presse indonésien, organisme de régulation et de supervision des médias, a organisé une réunion jeudi après-midi pour discuter de sa position face à ce texte, qui suscite des inquiétudes quant à la viabilité économique des entreprises de presse locales.
Selon Totok Suryanto, vice-président du Conseil de presse, les discussions ont porté sur les risques potentiels liés à l’accord commercial réciproque (ART).
« Nous avons discuté aujourd’hui d’une forme d’anticipation concernant les défis possibles auxquels nous pourrions être confrontés si l’accord est mis en œuvre. »
Totok Suryanto, vice-président du Conseil de presse
L’article 3.3 de l’ART est au cœur des préoccupations. Le Comité des droits des éditeurs l’a identifié comme potentiellement problématique, car il pourrait empêcher l’Indonésie d’obliger les plateformes numériques américaines à soutenir financièrement l’industrie de la presse nationale, que ce soit par le biais d’accords de licence ou de partage des revenus. Le texte stipule que l’Indonésie doit consulter les États-Unis avant de conclure de nouveaux accords commerciaux numériques avec d’autres pays susceptibles de porter atteinte aux intérêts américains.
Le Conseil de presse souligne que l’Indonésie dispose déjà d’un cadre réglementaire, le règlement présidentiel numéro 32 de 2024, qui vise à responsabiliser les plateformes numériques dans le soutien au journalisme de qualité. Ce règlement permet aux médias de négocier directement avec les plateformes pour obtenir une juste compensation pour l’utilisation de leurs contenus.
Totok Suryanto a précisé que le Conseil de presse n’a pas encore pris de décision quant à un éventuel rejet de l’accord ou une demande de révisions. Il attend une explication détaillée du ministère de coordination des affaires économiques, qui représente le gouvernement dans les négociations commerciales. Une rencontre entre les responsables du Conseil de presse et du ministère est prévue vendredi 27 février 2026.
Le Conseil de presse met en avant l’importance de protéger la presse nationale, confrontée à des difficultés financières croissantes.
« Nous avons vu de nombreuses sociétés de médias fermer leurs portes et des journalistes licenciés, ce qui est inquiétant pour la santé de notre démocratie. »
Totok Suryanto, vice-président du Conseil de presse
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