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Remembering the Evergreen Sonny Rollins and His Lasting Impact on Indian Jazz

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Le monde du jazz pleure la disparition de Sonny Rollins, décédé le 25 mai 2026. Surnommé le « Saxophone Colossus », le virtuose du saxophone ténor laisse derrière lui un héritage musical monumental, ayant traversé et façonné presque un siècle d’histoire du genre.

Témoin privilégié de l’évolution du jazz, Rollins a vécu 95 des 100 années d’existence de cette musique. De l’émergence du son à La Nouvelle-Orléans avec Louis Armstrong jusqu’aux courants les plus modernes, il a assimilé et transcendé chaque phase : l’ère du swing, le bebop, le hardbop, le cool jazz, le post-bop, le jazz modal et la phase électronique ou fusion, avant de revenir aux sonorités mainstream. Cette immersion totale lui a permis de forger un style personnel, emphatique et distinctif.

L’empreinte indélébile en Inde

Si sa carrière est mondiale, l’impact de Sonny Rollins sur la scène jazz indienne demeure exceptionnel. En 1978, l’organisation Jazz India lance un événement sans précédent : le festival Jazz Yatra à Bombay (aujourd’hui Mumbai). Nommé patron de cette édition, Rollins en était la tête d’affiche.

From Instagram — related to Jazz India, Jazz Yatra

À l’époque, le jazz en Inde était largement cantonné à des orchestres de danse jouant des reprises dans les restaurants de Bombay et Calcutta. La performance de Rollins a transformé cette perception, imposant le jazz comme une expérience d’écoute sérieuse. L’impact fut tel que des figures majeures de la musique, comme R.D. Burman et Asha Bhosle, ont manifesté un émerveillement profond face à ce nouveau son. Le festival, qui accueillait également des luminaires tels que Joe Williams, Clark Terry et Don Ellis, a marqué un tournant décisif.

L’interprétation du titre de Stevie Wonder, « Isn’t She Lovely », lors de l’ouverture et de la clôture du festival, est restée gravée dans les mémoires, déclenchant des réactions comparables à celles d’un concert de rock.

Une renaissance spirituelle à Ganeshpuri

Derrière ce succès se cache un combat personnel. Comme beaucoup de musiciens de sa génération dans les années 1950 et 1960, Sonny Rollins a lutté contre des addictions à l’alcool et aux drogues. Pour s’en libérer, il a trouvé refuge dans un ashram à Ganeshpuri, près de Bombay.

Une renaissance spirituelle à Ganeshpuri
Sonny Rollins tenor saxophone Indian jazz scene

S’y installant discrètement pendant plusieurs mois chaque année, il a adopté un mode de vie austère : vêtu du traditionnel kurta et pyjama blancs, il s’est consacré à la méditation, est devenu végétarien et a opté pour une sobriété totale. Cette cure de désintoxication physique et mentale a non seulement sauvé sa vie et sa carrière, mais a également insufflé un optimisme nouveau à son jeu. Cette discipline lui a permis de maintenir une endurance physique remarquable, capable de jouer pendant 90 minutes ou plus, et ce, jusqu’à une décennie avant sa mort.

« Vous savez que je viens des États-Unis — terre de liberté et patrie des braves, mais quand je suis en Inde, c’est mon âme qui est libérée ! »

— Sonny Rollins

L’exigence d’un perfectionniste

L’introspection a été le fil conducteur de sa vie. Entre la fin des années 1950 et le début des années 1960, Rollins s’est retiré de la scène pendant trois ans pour retravailler son style. Il s’exerçait en pleine nuit sur le pont Williamsburg, à Brooklyn, tel un moine en quête de sens. Ce retour à la création a donné naissance à l’album « The Bridge ».

Sonny Rollins – 1978-02-18, Jazz Yatra, Bombay, India

Cet attachement au pont Williamsburg était tel que des mélomanes avaient lancé une pétition pour renommer l’ouvrage le « Pont Sonny Rollins ». Bien que cette demande n’ait pas été honorée de son vivant, elle symbolise le lien entre l’artiste et son espace de réflexion.

Même vers la fin de sa vie, Rollins est resté humble et poli. En 2018, sollicité pour rejoindre le Clifford Brown Legacy band lors du NCPA Jazz Festival, il a dû décliner l’invitation en raison d’un problème à la mâchoire. Il avait néanmoins envoyé un message vocal pour souhaiter bonne chance au festival, rappelant ses débuts dans les années 1950 au sein du groupe de Clifford Brown et Max Roach.

Sonny Rollins s’en va, laissant derrière lui une discographie essentielle, dont des titres emblématiques comme « Tenor Madness » (avec John Coltrane), « Saint Thomas » ou encore « Moritart » (Mack the Knife), qui continueront de résonner partout où le jazz est écouté.

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