À l’approche de la COP30 à Belém, Emmanuel Macron croise un nom chargé d’histoire sur les rives du fleuve brésilien : celui du Rainbow Warrior, navire emblématique de Greenpeace. Une rencontre symbolique, qui ramène aux premières heures de l’activisme environnemental et à un passé français sensible.
C’est au cœur de Belém, au Brésil, que le président Emmanuel Macron a fait une halte remarquée. En marge de sa visite en amont de la trentième Conférence des Parties sur le climat (COP30), le chef de l’État s’est rendu, le jeudi 6 novembre 2025, à bord d’un bateau de la caravane fluviale « Iaraçu », un projet scientifique franco-brésilien. Le navire, amarré sur le rio Guamá, au sud de la ville, n’est cependant pas le seul à attirer l’attention dans ce port universitaire. À quelques encablures, le célèbre Rainbow Warrior, navire de Greenpeace, arbore une banderole interpellante : « Macron : good cop or bad cop ? »
Ce message, adressé directement au président français, souligne la présence de l’ONG, dont le navire vert orné d’un arc-en-ciel est un symbole reconnu des luttes écologistes. La visite du président ne l’a pas mené à proximité de ce bateau de Greenpeace. Cependant, les couleurs vives du Rainbow Warrior ne sont pas sans rappeler un passé houleux pour les autorités françaises.
Il y a quarante ans, en effet, le premier Rainbow Warrior venait de subir d’importants aménagements. Cet ancien chalutier de la mer du Nord, acquis par Greenpeace en 1978, avait été équipé de nouveaux mâts pour optimiser sa navigation écologique. À cette époque, il arborait une banderole « Nuclear free Pacific » et s’apprêtait à entamer une campagne militante majeure. L’objectif : rencontrer les populations des îles Marshall, théâtre de 67 essais nucléaires américains entre 1946 et 1958. Mais la cible principale des activistes était alors les atolls de Mururoa et Fangataufa, où la France menait ses propres expériences nucléaires.