Publié le 2024-02-29 10:30:00. Des chercheurs canadiens explorent une nouvelle approche pour intégrer l’engagement des patients sur les réseaux sociaux aux soins de santé primaires, en cherchant à reproduire les aspects positifs de ces plateformes sans en importer les risques.
- Une conception de service minimal viable a été élaborée pour adapter les fonctionnalités des médias sociaux à la théorie de l’autodétermination (TAD).
- Un système prédictif permettra d’identifier les patients à risque de développer un diabète sur un horizon de huit ans.
- Des consultations avec des parties prenantes ont permis de valider la conception et de définir des critères d’acceptation clairs pour la mise en œuvre.
Dans le but de moderniser l’approche des soins de santé et d’améliorer l’engagement des patients, une équipe de recherche canadienne a développé un prototype innovant qui s’inspire des mécanismes des réseaux sociaux. L’objectif est de créer un outil qui favorise l’autonomie, la compétence et les relations sociales des patients, tout en minimisant les dangers potentiels associés à l’utilisation des plateformes numériques traditionnelles.
Le projet s’appuie sur la théorie de l’autodétermination (TAD), un cadre psychologique qui met l’accent sur l’importance des besoins fondamentaux d’autonomie, de compétence et de relations. La conception proposée intègre ces principes à travers trois éléments clés : des flux d’informations personnalisés, des séances d’apprentissage courtes et ciblées, et des groupes de discussion entre pairs modérés.
Les flux d’informations sont conçus pour donner aux utilisateurs un contrôle total sur le contenu qu’ils reçoivent, avec des explications claires sur les raisons pour lesquelles certaines informations leur sont présentées. Les séances d’apprentissage sont structurées en petites étapes, avec des commentaires réguliers pour encourager le progrès et renforcer la confiance. Les groupes de discussion offrent un espace sécurisé pour les patients afin de partager leurs expériences et de se soutenir mutuellement.
Au-delà de ces fonctionnalités axées sur le patient, le projet comprend également un système prédictif qui utilise des données pour identifier les personnes à risque de développer un diabète dans les huit prochaines années. Les cliniciens pourront ensuite proposer des soins préventifs ciblés à ces patients, en intégrant une « prescription de soins » directement dans leur dossier médical électronique. Un rapport mensuel sera également fourni aux cliniciens, leur donnant un aperçu des cohortes de patients à risque, des indicateurs de TAD et des préoccupations en matière d’équité.
Avant de passer à la phase de développement, les chercheurs ont consulté treize parties prenantes afin de valider la conception et de définir des critères d’acceptation mesurables. Ces critères incluent des mesures de protection de la vie privée, des contrôles contre la désinformation, des considérations éthiques concernant l’engagement des patients, et une garantie d’indépendance par rapport aux plateformes existantes.
Les prochaines étapes du projet consistent à finaliser l’architecture du système, à élargir la co-conception avec d’autres parties prenantes et à mener un projet pilote pour évaluer la faisabilité de la solution. L’équipe espère ainsi créer un outil qui transformera la façon dont les soins de santé primaires sont dispensés au Canada.