Pete Alonso, le puissant joueur de premier but des Mets de New York, a activé la clause de non-participation de son contrat, renonçant ainsi à la dernière année et aux 24 millions de dollars qu’il lui restait. À 31 ans, il s’apprête à tester le marché de l’agence libre, dans l’espoir de décrocher un accord plus mirobolant que celui obtenu lors de sa première incursion sur ce marché l’hiver dernier.
Cependant, cette décision, prise quelques jours avant l’ouverture officielle du marché des joueurs autonomes, n’offre aucune garantie de succès. Bien qu’Alonso affiche une carrière solide, ponctuée d’une moyenne impressionnante de 42 circuits et d’un OPS+ de 135 sur 162 matchs, plusieurs facteurs pourraient jouer en sa défaveur. Son âge et les spécificités de son jeu, combinés à une certaine lassitude du marché face aux investissements importants dans les joueurs de premier but droitiers, créent un paysage incertain pour le cogneur.
Une saison solide, mais une analyse du marché prudente
Alonso sort d’une autre année remarquable. Son OPS+ de 144 représente sa troisième meilleure performance en carrière et la meilleure depuis 2022. Il a également affiché des indicateurs de frappeur de haut niveau en termes de pourcentages de coups puissants et de trajectoires favorables, signe qu’il frappe la balle avec autorité et efficacité. Son taux de retraits sur prises a même diminué, atteignant un creux de trois ans, bien que cela ne soit pas corrélé à une augmentation de son taux de contact.
La réalité est que, sans une transformation fondamentale de son jeu, Alonso a peu de marge de manœuvre pour devenir une signature plus attrayante à long terme. Les équipes semblent de plus en plus prudentes, privilégiant la valeur positionnelle et la flexibilité des joueurs. Le marché actuel accorde une prime aux joueurs polyvalents et capables d’offrir une valeur sur plusieurs fronts, une tendance qui ne favorise pas nécessairement les spécialistes comme Alonso.
Les limites du marché et les précédents
Malgré ses performances, certains front-offices pourraient percevoir Alonso comme un risque accru en raison de son âge. L’époque où les joueurs de premier but étaient des valeurs sûres semble révolue. Les équipes sont plus averties et sélectives dans leurs investissements sur le marché des agents libres. Si des exceptions, comme les légendaires Albert Pujols ou Miguel Cabrera, ont existé, elles sont rares. Vladimir Guerrero Jr. est aujourd’hui la référence, et Alonso, aussi performant soit-il, n’atteint pas ce statut d’élite, d’autant qu’il a près de cinq ans de plus.
L’historique récent des contrats de joueurs de premier but confirme cette tendance. Depuis l’hiver 2019, seuls quatre joueurs de premier but ont signé pour cinq ans ou plus, dont un seul en tant qu’agent libre (Freddie Freeman, dont le contrat était de 162 millions de dollars sur cinq ans). Freeman, considéré comme un frappeur pur supérieur à Alonso, a obtenu un salaire annuel moyen (AAV) de 27 millions de dollars, à égalité avec Alonso au deuxième rang des joueurs de premier but sur cette période. Vladimir Guerrero Jr. est le seul à avoir dépassé les 30 millions de dollars par an. Cody Bellinger, qui joue principalement au champ extérieur, est le seul autre joueur à avoir dépassé les 25 millions de dollars annuels. Ces chiffres suggèrent qu’il est peu probable qu’Alonso obtienne un contrat à très long terme ou un AAV significativement plus élevé que celui de Freeman.
Un avenir incertain et des options limitées
Trouver une destination idéale pour Alonso s’avère plus complexe que prévu, en raison des facteurs évoqués. Les Mets eux-mêmes, son seul employeur jusqu’à présent, pourraient chercher des alternatives moins coûteuses pour renforcer leur corps de lanceurs. David Stearns, président des opérations baseball des Mets, a exprimé son souhait de conserver Alonso, mais les négociations passées, qui ont abouti à un contrat de deux ans avec une option pour la deuxième année, ont montré que ni le joueur ni l’équipe ne considéraient nécessairement ce partenariat comme une affaire à long terme.
De nombreux concurrents potentiels disposent d’options internes plus abordables, comme les Diamondbacks d’Arizona avec Tyler Locklear ou les Reds de Cincinnati avec Sal Stewart. D’autres équipes ont des jeunes espoirs en développement ou des joueurs établis. Sans évoquer des situations plus complexes, comme celle des Astros de Houston qui ont récemment signé Christian Walker.
Une projection audacieuse suggère un possible transfert des Red Sox de Boston. Au-delà de ces pistes, il faut faire preuve de créativité. Les Padres de San Diego pourraient-ils intégrer Alonso dans leur masse salariale ? Ou encore les Rays de Tampa Bay, sous la direction d’un nouveau propriétaire désireux de marquer les esprits avec un joueur local ? Les Nationals de Washington, avec leur nouvelle direction, pourraient-ils être une option ? Encore une fois, aucune solution ne semble évidente, ce qui reflète davantage la philosophie actuelle de la ligue que les lacunes intrinsèques d’Alonso.