Publié le 6 février 2026. La répression sanglante des manifestations antigouvernementales en Iran, qui aurait fait des dizaines de milliers de morts, révèle une crise profonde du régime, exacerbée par les sanctions économiques et une gestion désastreuse, et pourrait conduire à une nouvelle vague de contestation.
- Le nombre de victimes de la répression des manifestations de janvier pourrait atteindre 30 000 personnes.
- La crise économique iranienne, aggravée par les sanctions internationales et la corruption, est un facteur clé de la contestation.
- Les négociations nucléaires avec les États-Unis, qui reprendront le 6 février, pourraient être influencées par la situation intérieure instable.
Au début de l’année, l’Iran a été secoué par des slogans réclamant la chute du guide suprême, Ali Khamenei. Les manifestations, qui dénonçaient le système théocratique en place, ont été accueillies par une répression brutale des forces de sécurité, une réponse familière du régime iranien. Cependant, l’ampleur et la violence de cette répression ont atteint un niveau alarmant.
Le bilan de la répression, qui s’est concentrée les 8 et 9 janvier, est estimé entre plusieurs milliers et plus de 30 000 morts. Ce nombre effroyable a momentanément calmé les protestations, mais la situation reste extrêmement fragile. Si le régime semble avoir réussi à maintenir le contrôle à court terme, il s’agit davantage d’un pansement sur une blessure profonde.
La crise économique iranienne, déjà préoccupante, a été exacerbée par les sanctions américaines imposées après le retrait unilatéral de l’accord nucléaire (JCPOA, Plan d’action global commun) en 2018. La « guerre des 12 jours » de juin dernier, marquée par des attaques israéliennes et américaines contre des installations iraniennes, a encore aggravé la situation. L’inflation annuelle dépasse les 40 %, et les prix des denrées alimentaires ont augmenté de plus de 70 %. Le chômage, en particulier chez les jeunes, est élevé, dépassant les 20 %.
La faillite de la banque Allende, fin 2023, a également joué un rôle catalyseur. Selon le Wall Street Journal, cette faillite, due à des prêts douteux s’élevant à près de 5 milliards de dollars (environ 7,2675 milliards de wons), a accéléré l’effondrement économique et déclenché les manifestations. Le gouvernement iranien a tenté de masquer le problème en intégrant la banque à une banque publique et en émettant de nouvelles devises.
Adnan Mazarei, ancien directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale au Fonds monétaire international (FMI), a souligné que « l’attaque contre Israël a brisé la confiance des Iraniens dans la sécurité nationale, ce qui a encore aggravé la situation ». La sécheresse persistante a également contribué au mécontentement général, le président Massoud Fezeshkian déclarant publiquement son impuissance face à la situation.
Shahnush Farsipur, auteure iranienne, a dénoncé dans le magazine Time que « la République islamique est déjà morte moralement, économiquement et socialement. Elle est devenue l’un des régimes les plus honteux au monde, a conduit le pays dans un grave déclin et n’est même plus capable de nourrir son propre peuple ».
La décision du régime iranien de reprendre les négociations nucléaires avec les États-Unis le 6 février pourrait être motivée par la crainte que les protestations antigouvernementales ne soient relancées par une intervention militaire américaine. Les experts prédisent que de nouvelles manifestations pourraient éclater à tout moment, le secrétaire d’État américain Marco Rubio estimant que « le régime iranien se trouve dans son état le plus vulnérable jamais vu ».
La résistance iranienne prend désormais une forme nouvelle : lors des funérailles des victimes, les familles endeuillées refusent les rites islamiques traditionnels et rendent hommage aux défunts par la danse et la musique. Ces funérailles, à la fois tristes et belles, témoignent de la détermination des Iraniens à rejeter le régime et à perpétuer la mémoire de ceux qui sont morts pour la liberté.