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Adam Sandler, entre blagues potaches et polémiques amérindiennes : « The Ridiculous 6 » suscite déjà la controverse

Alors qu’Adam Sandler s’apprête à dévoiler « The Ridiculous 6 », sa première production pour Netflix, le film est déjà au cœur d’une tempête médiatique. Des accusations d’insensibilité culturelle et des départs au sein du casting font de cette comédie western un sujet brûlant bien avant sa diffusion.

Il fut un temps où Adam Sandler faisait rire. Un temps révolu, diront certains, où le simple nom de l’acteur évoquait une certaine innocence comique, celle qui fait apprécier les blagues de pets de chiens. L’auteur de ces lignes, tout comme le comédien, a visiblement laissé derrière lui cette époque. Oubliés les deux heures à consacrer à des œuvres comme « The Cobbler » ou « Blended ». Le dernier opus de Sandler à avoir captivé notre attention jusqu’au bout reste « Zohan, tout ça tout ça », une production où l’ancien soldat israélien, rêvant de devenir coiffeur à New York, mettait en scène plusieurs de ses talents reconnus : un accent israélien approximatif, des démonstrations de krav maga et, surtout, une tentative audacieuse de résoudre le conflit israélo-palestinien.

C’est précisément cette audace qui marquait le spectateur : voir un acteur dont la filmographie est parsemée de comédies décérébrées s’attaquer à un sujet aussi épineux, c’était risqué. Pourtant, l’intention, même maladroite, d’y glisser un message de tolérance, méritait un certain crédit. Sans parler des fameux écarts de jambes de Sandler dans des scènes d’action improbables, un spectacle peut-être plus hilarant qu’un chien flatulent.

« The Ridiculous 6 », fruit d’un contrat juteux avec Netflix, semble vouloir surfer sur la même vague. Encore une fois, un Adam Sandler à l’air perpétuellement fatigué se retrouve propulsé en figure de dur à cuire. Le film aborde également la question des divisions ethniques et culturelles, se concentrant cette fois sur le sort des Amérindiens. Et à la veille de sa sortie, « The Ridiculous 6 » a déjà mis en lumière la manière souvent problématique dont la population native est traitée, faisant de cette production un véritable « Daniel Snyder du cinéma ».

Les défections au sein du casting amérindien, accompagnées de celles du conseiller culturel, témoignent des tensions provoquées par des blagues jugées offensantes. Les critiques virulentes se sont multipliées, alimentées par des fuites du scénario qui feraient passer « Little Nicky » pour un chef-d’œuvre subtil. Avant même sa diffusion, le film traîne une réputation sulfureuse, celle d’un « sac de foutaises ». Hier soir, un premier aperçu officiel a été dévoilé avec la publication d’une bande-annonce. Statistiquement, le film sera soit une déception cuisante, soit jamais vu, noyé sous les critiques négatives. Néanmoins, par souci d’équité, une vision de deux minutes et treize secondes sera tentée, l’esprit grand ouvert. Une fois ce temps écoulé, l’esprit se refermera.

Les premières images mettent en scène le personnage de Sandler, baptisé « White Knife » (Couteau Blanc) – « white » pour sa couleur de peau et « knife » pour son arme –, comme une figure énigmatique et menaçante, un hors-la-loi au passé sombre, à l’image, suggère-t-on, de l’acteur lui-même.

Steve Zahn incarne un raciste blasé qui révèle que le personnage de « El Sando » a été élevé par des Amérindiens. Une révélation destinée à instiller la méfiance, mais rapidement désamorcée par une image qui se veut rassurante : une communauté paisible au bord d’une rivière. La publicité, toujours efficace, fonctionne à merveille.

On voit ensuite Sandler bondir par la fenêtre d’une banque, s’accrochant au mur du bâtiment adjacent grâce à ses couteaux. L’effet est certes peu crédible, mais peu importe. Ce n’est pas « Ong-bak », et Sandler n’est pas Tony Jaa, bien que « Waterboy » aurait gagné à intégrer des scènes de Muay Thaï.

L’hypothèse d’un plan gouvernemental secret pour cloner Kurt Russell semble avoir porté ses fruits. La phrase « Les tomahawks ne tuent pas les gens. Ce sont les bébés avec des tomahawks qui tuent les gens » illustre le ton absurde du film.

La présence de Rob Schneider, bien que non haï par l’auteur, suscite une certaine appréhension : cela pourrait signifier qu’il ne sera pas disponible pour incarner « You Can Do It! Guy », un personnage culte du Saturday Night Live qui n’a jamais foulé sa scène. Taylor Lautner, le vampire de « Twilight », apparaît également, sans raison apparente. Son personnage semble, d’après la bande-annonce, être un individu particulièrement peu futé.

Face à une telle distribution, certains pourraient s’interroger sur la réalisation. Le nom de Frank Coraci, dont les productions passées sont parfois qualifiées de médiocres, pourrait sembler peu prometteur. Pourtant, « The Ridiculous 6 » a été filmé par le légendaire directeur de la photographie Dean Semler, connu pour des œuvres telles que « Mad Max 2 : Le défi », « Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre », « Cocktail » ou encore « Danse avec les loups ». Mais Semler a également collaboré sur des films plus légers d’Adam Sandler, comme « Mi-temps pour le Rire » et « Click ». Une complicité artistique évidente, sans doute ponctuée de repas partagés et de rires moqueurs à l’égard des critiques élitistes.

Le film rassemble une distribution pléthorique : Steve Buscemi, Will Forte (avec un cache-œil), Nick Swardson, et un sosie de Mark Henry ou de Huell de « Breaking Bad ». Une tête coupée semble aussi figurer dans le cadre. On retrouve Terry Crews, aux côtés d’Harvey Keitel dans un rôle improbable de « Rip Torn portant une robe de femme en guise de cravate ». La présence de John Turturro, en quête de nouvelles expériences capillaires, est également de mise.

Dans une tentative de réitérer la scène d’action initiale, Taylor Lautner tente le saut entre deux immeubles, mais son personnage, trop stupide, a oublié les couteaux. Peut-être que Lautner pensait s’essayer à la comédie, mais cela pourrait bien le condamner à jouer dans des films d’Adam Sandler pour le reste de sa carrière.

Une succession rapide de noms s’affiche à l’écran, soulignant la densité de stars dans ce film : Jon Lovitz, Whitney Cummings, Blake Shelton, Danny Trejo, Dan Patrick. Seul Vanilla Ice échappe à la règle, son nom de scène complet étant utilisé. L’option « Van Winkle » aurait été plus audacieuse, laissant planer le doute.

La participation de Vanilla Ice est en soi un gage de rires incontrôlables. Son ascension fulgurante à Second City, son intégration rapide dans des troupes, puis ses contributions à des émissions comme « Weekend Update » et « The Tonight Show », témoignent d’un talent certain, qui a paradoxalement abouti à l’écriture de « Ice Ice Baby ».

Quoi qu’il se passe dans cette scène, on peut supposer qu’elle fait preuve d’un grand respect pour l’histoire et la culture amérindiennes.

Le logo du film, résolument audacieux, contraste avec le potentiel manque d’originalité du contenu. Malgré la controverse, « The Ridiculous 6 » risque de n’être retenu que comme « ce film de Sandler où Dan Patrick jouait Abraham Lincoln ». Idéalement, notre société devrait évoluer vers une production cinématographique où les Amérindiens ne sont plus une simple source de moqueries, où un acteur natif incarnerait le rôle principal, sans recourir à la logique de « Danse avec les loups ». Un avenir plus juste est souhaitable, mais en attendant, il faudra peut-être endurer des œuvres comme celle-ci. Et le pire est peut-être encore à venir.

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