Publié le 2025-11-01 06:42:00. Le prince Andrew, dépouillé de ses titres royaux, ne quittera pas immédiatement le Royal Lodge de Windsor et devrait s’installer à Sandringham, propriété du roi Charles III, avant le Nouvel An. Cette décision intervient dans un contexte de pression accrue suite aux liens persistants entre le duc d’York et le pédophile Jeffrey Epstein.
- Le prince Andrew doit quitter le Royal Lodge et sera hébergé sur le domaine de Sandringham, financé par son frère, le roi Charles III.
- Le gouvernement britannique n’envisage pas de loi pour retirer officiellement Andrew de la ligne de succession, où il reste huitième.
- De nouveaux documents judiciaires américains révèlent des échanges entre Andrew et Jeffrey Epstein en 2010.
Le frère cadet du roi Charles III, Andrew, ne sera pas contraint de déménager immédiatement de sa résidence actuelle, le Royal Lodge à Windsor. Selon les informations rapportées par la BBC, il pourrait s’installer dans une propriété du domaine de Sandringham, dans le Norfolk, financée par le monarque. Ce déménagement devrait intervenir « dès que possible et réalisable », mais les sources royales suggèrent qu’un report jusqu’au Nouvel An permettrait d’éviter à Andrew l’embarras d’être présent lors des célébrations de Noël à Sandringham, une tradition familiale.
Cette décision fait suite à une période de forte pression médiatique et publique concernant les relations passées d’Andrew avec le financier américain Jeffrey Epstein, reconnu coupable de délits sexuels. Le prince a toujours nié toute faute. Le roi Charles III a décidé de retirer à son frère ses titres et honneurs, une décision qui, selon les observateurs, est soutenue par l’ensemble de la famille royale. Un sondage YouGov a révélé que 79 % des Britanniques interrogés étaient favorables à ce retrait de titres, et 53 % estimaient que le roi avait pris les mesures appropriées, bien que 58 % aient jugé la réaction de la famille royale trop tardive face aux liens avec Epstein.
Parallèlement, le gouvernement britannique a clarifié qu’il n’avait pas l’intention de légiférer pour exclure officiellement le prince Andrew de la ligne de succession au trône. Il demeure actuellement huitième en ligne, et toute modification de cet ordre nécessiterait une loi du Parlement, un processus complexe impliquant l’accord des pays du Commonwealth. Des voix se sont élevées, notamment au sein du Congrès américain, pour réclamer plus de transparence de la part du duc d’York sur ses relations avec Epstein. Le représentant Raja Krishnamoorthi a ainsi appelé Andrew à « dire la vérité », évoquant la possibilité d’une audition devant le Congrès, une suggestion relayée par son collègue Stephen Lynch, qui a souligné que le témoignage du prince « pourrait être utile pour obtenir justice pour ces survivants ».
De nouveaux documents judiciaires publiés aux États-Unis ont mis en lumière des correspondances datant de 2010, où Jeffrey Epstein suggérait au prince Andrew de rencontrer le banquier américain Jes Staley. Andrew aurait alors répondu qu’il lui faudrait « gagner quelques jours avant l’été » pour se rendre à New York et qu’il serait « bien de se rattraper en personne ». Les deux hommes avaient été photographiés ensemble à Central Park en décembre de la même année, une rencontre qu’Andrew a par la suite qualifiée de moment ayant mis fin à leur amitié.
L’affaire a pris une tournure judiciaire plus sérieuse avec les accusations de Virginia Giuffre, qui allègue avoir été agressée sexuellement par le prince alors qu’elle était adolescente. Andrew, qui a toujours fermement démenti ces accusations, a réglé en 2022 un procès civil avec Mme Giuffre pour plusieurs millions, tout en affirmant ne pas se souvenir de l’avoir rencontrée. La famille de Virginia Giuffre a qualifié la décision du roi de « chute d’un prince » et a plaidé pour que Andrew fasse l’objet d’une enquête plus approfondie, estimant que le retrait de ses titres n’était « pas suffisant » tant qu’il « se promène toujours en homme libre ».
Des personnalités politiques britanniques ont également réagi. Le ministre du Commerce, Chris Bryant, a déclaré qu’Andrew devrait se rendre aux États-Unis pour répondre aux questions s’il y était invité, comparant sa situation à celle de tout « membre ordinaire du public ». Aux États-Unis, Gloria Allred, avocate représentant des victimes d’Epstein, a salué la décision du palais comme « attendue depuis longtemps » et « définitivement bienvenue », affirmant qu’Andrew « devrait avoir honte de lui-même ». Elle a rappelé qu’Andrew avait refusé de parler sous serment aux autorités américaines concernant ses liens avec Epstein. La police métropolitaine avait par le passé déclaré enquêter sur des allégations selon lesquelles Andrew aurait tenté d’obtenir des informations personnelles sur Mme Giuffre via sa protection policière.