Naples a retrouvé son visage de champion en s’imposant 3-1 face à l’Inter Milan, l’une des meilleures formations européennes du moment. Cette victoire, acquise au Stadio Diego Armando Maradona devant ses tifosi, permet aux Azzurri de se remettre en selle après une semaine européenne compliquée, marquée par une lourde défaite 6-2 contre le PSV en Ligue des Champions. Ce succès envoie un message fort à leurs concurrents en Serie A : Naples confirme qu’il faudra toujours compter avec eux cette saison, comme l’an dernier, lorsqu’ils ont décroché le Scudetto à la dernière journée.
Au cœur de cette résurrection, Antonio Conte, le technicien italien, a été le véritable maître d’œuvre. Ses choix tactiques et ses décisions concernant la composition de son onze de départ ont marqué les esprits, à l’image de son échange houleux avec l’attaquant de l’Inter, Lautaro Martinez.
Les inquiétudes de Conte concernant la nouvelle saison étaient palpables. Interrogé par Sky Italia après la désillusion européenne, il avait pointé du doigt un été 2025 trop chargé en recrutements. « L’an dernier, nous avons remporté un championnat extraordinaire où chacun a repoussé ses limites avec une unité sans faille. Cette année, cependant, entre le nombre de matchs et neuf nouvelles recrues, c’était trop. Nous n’étions pas équilibrés », confiait-il. Cette appréhension s’est traduite sur le terrain par une mise à l’écart de la plupart des nouvelles recrues estivales, dont les attaquants Lorenzo Lucca et Noa Lang, ainsi que le défenseur central Sam Beukema. Seul le nouveau venu Kevin De Bruyne, aligné aux côtés du gardien Vanja Milinkovic-Savic, était titulaire.
La première mi-temps fut laborieuse pour les Napolitains, l’Inter se créant plusieurs opportunités franches. C’est un penalty très discuté, accordé et transformé par Kévin De Bruyne, qui a débloqué la situation pour les Azzurri. Malheureusement, la joie fut de courte durée pour l’ancien milieu de Manchester City, qui s’est blessé en exécutant sa frappe, obligeant Conte à le remplacer précocement.
L’une des décisions tactiques marquantes de Conte fut le positionnement de David Neres en pointe dans un schéma en 4-1-4-1, privilégiant sa vivacité à la puissance physique d’un Lucca, relégué sur le banc après son expulsion contre le PSV. Les blessures de Rasmus Hojlund et Romelu Lukaku laissaient peu de marge de manœuvre, rendant la blessure de De Bruyne d’autant plus problématique. Cette absence, qui pourrait s’avérer de longue durée, contraint Naples à repenser ses plans. Un retour au système en 4-3-3, utilisé lors de la saison 2024-25, pourrait être envisagé, abandonnant ainsi la cohabitation de De Bruyne et Scott McTominay, le principal ajustement tactique de la campagne actuelle.
Le moment le plus commenté de la seconde période fut sans conteste la confrontation entre Antonio Conte et Lautaro Martinez. Les deux hommes ont échangé des mots vifs à distance, après que Conte ait déjà eu une vive altercation avec un autre joueur de l’Inter, Denzel Dumfries. Après le match, le technicien napolitain n’a pas mâché ses mots à l’égard du capitaine intériste : « Lautaro est un excellent joueur, même si je n’ai peut-être pas eu l’occasion de le connaître personnellement. Je lui souhaite le meilleur, et cela me convient. »
Cette animosité remonte à 2021, lorsque Conte dirigeait l’Inter et remportait le Scudetto, avec Lautaro Martinez en fer de lance. L’Argentin est revenu sur cet épisode : « Nous avons eu une petite altercation à l’époque, qui s’est finalement réglée. Mes coéquipiers avaient alors installé un ring de boxe pour plaisanter, il valait mieux en rire ! C’était un bon moment et cela nous a aidés à nous détendre. » Une version qui suggère que les tensions étaient peut-être plus vives qu’il n’y paraît.