Publié le 12 février 2026 à 16h25. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, se détendre devant un écran – télévision, smartphone ou tablette – ne permet pas au cerveau de se reposer et peut même aggraver le stress. Des experts soulignent l’importance de véritables pauses cognitives pour une meilleure santé mentale.
- Le « faux repos » devant un écran maintient le cerveau en état d’alerte, empêchant une récupération biologique efficace.
- Une réduction de la stimulation cognitive et émotionnelle favorise la régénération du système de régulation cérébrale.
- Des activités analogiques à faible stimulation, comme la lecture ou la marche, sont recommandées pour une véritable détente.
De nombreuses personnes souffrent de stress chronique et de burn-out. Pourtant, la manière dont elles cherchent à se détendre pourrait être contre-productive. L’idée reçue selon laquelle s’allonger confortablement pour regarder la télévision ou utiliser son téléphone portable permet de soulager le stress est remise en question par des études récentes.
Robin Pickering, professeure de santé publique à l’Université Gonzaga aux États-Unis, explique :
« Regarder des appareils électroniques, ce que nous considérons généralement comme de la « relaxation », maintient biologiquement le cerveau dans un état de vigilance élevé, ce qui entrave une véritable récupération. »
Robin Pickering, professeure de santé publique à l’Université Gonzaga
Cette affirmation est issue d’une chronique publiée dans « The Conversation », un média australien à but non lucratif.
L’expérience personnelle de la professeure Pickering illustre ce phénomène. Suite à une commotion cérébrale survenue lors d’un accident, elle a été contrainte de suivre un « repos cognitif » strict pendant deux mois, impliquant l’abstention totale d’utilisation d’appareils électroniques, y compris les téléviseurs, les smartphones et les réseaux sociaux. Une commotion cérébrale se manifeste par un secouement du cerveau suite à un impact, qu’il soit dû à un accident de voiture, une blessure sportive, une chute ou un choc. Bien qu’il n’y ait pas de lésions structurelles cérébrales, des symptômes tels que de violents maux de tête, des vertiges, des vomissements, une perte de conscience et des troubles de la mémoire peuvent apparaître temporairement.
Elle témoigne :
« Grâce à deux mois de repos cognitif, j’ai immédiatement ressenti les effets étonnants d’une amélioration notable de la qualité du sommeil, d’une augmentation de la concentration et d’une tranquillité d’esprit retrouvée. »
Robin Pickering, professeure de santé publique à l’Université Gonzaga
Elle précise que ce constat s’inscrit dans le cadre des neurosciences, qui démontrent que le système de régulation du cerveau peut se rétablir d’un stress chronique lorsque la stimulation cognitive et émotionnelle est réduite.
Aux États-Unis, environ un tiers des adultes ressentent un stress excessif au quotidien, ce qui peut entraîner des maladies chroniques telles que les maladies cardiaques et le diabète. Or, une grande partie du temps libre de ces personnes est consacrée à regarder la télévision ou à utiliser leur smartphone. Si ces activités peuvent sembler reposantes, elles ne font en réalité qu’augmenter la charge cognitive du cerveau en provoquant une distraction constante, des prises de décision et une stimulation émotionnelle continue.
Les plateformes numériques sont conçues pour capter l’attention des utilisateurs en suscitant des émotions fortes, comme la colère ou l’anxiété, afin de prolonger leur temps de connexion. Par conséquent, une pause devant un écran ne permet pas au cerveau de se reposer, mais continue de le surcharger. Les études montrent que les Américains vérifient leur téléphone portable en moyenne 200 fois par jour et passent entre 6 et 7 heures devant un écran.
Pour une véritable stabilité mentale, il ne s’agit pas d’ajouter de nouvelles techniques de gestion du stress, mais de réduire la charge qui pèse sur le cerveau. Les experts recommandent de limiter le multitasking numérique, de minimiser les distractions telles que les notifications et de passer du temps dans des environnements calmes ou en pleine nature. Privilégier des activités analogiques à faible stimulation, comme la marche, la lecture de livres papier ou l’écriture d’un journal, sans appareils électroniques, permet une immersion mentale plus profonde et une échappatoire au stress chronique sans surcharger le cerveau.
Questions fréquemment posées :
Q1. Je me détends habituellement en regardant la télévision, est-ce que cela provoque également du stress dans mon cerveau ?
R1. Oui, c’est le cas. Même si votre corps est immobile et détendu pendant le visionnage, votre cerveau continue de traiter en permanence les informations visuelles et auditives, ainsi que la stimulation émotionnelle de l’écran. Le « multitasking numérique », comme l’utilisation simultanée d’un téléphone portable, surcharge particulièrement le système de régulation cérébrale et empêche une véritable récupération biologique.
Q2. Que faire dans un environnement où il est difficile de pratiquer le « repos cognitif » sans utiliser d’appareils électroniques ?
R2. Il est préférable de couper complètement l’accès à tous les appareils. Si cela s’avère irréaliste, commencez par réduire la « quantité d’informations entrantes ». Vous pouvez diminuer la fatigue cognitive en évitant d’utiliser votre smartphone pendant que vous regardez la télévision et en désactivant les notifications inutiles des applications. Même pendant de courtes périodes, il est important de minimiser intentionnellement la stimulation de votre cerveau, par exemple en vous reposant dans un endroit calme sans appareils électroniques ou en faisant une promenade légère.
Q3. Quelles sont les « pauses analogiques » spécifiques qui aident le cerveau à récupérer ?
R3. Les activités qui impliquent peu de stimuli nouveaux et une faible charge cognitive sont idéales. Parmi les exemples typiques, on peut citer la lecture de livres papier, l’écriture d’un journal, la méditation et les étirements légers. Contrairement aux médias numériques, ces activités ont un flux d’informations prévisible et un point final naturel, ce qui aide grandement le cerveau à sortir d’un état d’excitation élevée et à retrouver son calme.