Publié le mercredi 1er octobre 2025, 23h03. La marine israélienne a intercepté la flottille « Sumud mondial » en eaux internationales, arrêtant des militants et personnalités politiques de plus de 40 pays. L’opération a suscité une vive émotion et des appels à la libération des participants.
- Des militants et personnalités politiques, dont Greta Thunberg, Rima Hassan et Ada Colau, ont été arrêtés.
- Le ministère israélien des Affaires étrangères a confirmé l’interception, affirmant que les détenus étaient en sécurité.
- Des appels à la libération immédiate des militants et à une action de l’Union européenne ont été lancés.
La flottille « Sumud mondial », composée d’une quarantaine de navires et visant à apporter un soutien symbolique à Gaza, a été interceptée dans les eaux internationales par la marine israélienne ce mercredi soir. Parmi les passagers se trouvaient des militants venus de plus de 40 pays, ainsi que des personnalités politiques de premier plan. L’eurodéputée La France Insoumise Rima Hassan, sa collègue Emma Fourreau, l’ancienne maire de Barcelone Ada Colau et la militante écologiste Greta Thunberg figuraient parmi les personnes à bord.
La diffusion en direct de la mission a été interrompue suite à l’opération, et aucune information concernant la localisation ou les conditions des équipages n’a filtré dans un premier temps. Le ministère israélien des Affaires étrangères a cependant confirmé l’arrestation, diffusant une vidéo montrant un soldat rendant des effets personnels à Greta Thunberg et assurant que « Greta et ses amis sont en bonne santé et en sécurité ». Cette intervention a déclenché une vague de réactions internationales.
Peu avant l’interception, plusieurs des participants avaient exprimé leur détermination. Rima Hassan avait dénoncé une potentielle « arrestation illégale », affirmant que « tout acte d’emprisonnement en dehors des eaux territoriales israéliennes constitue une violation flagrante du droit international ». Elle avait ajouté : « Le génocide sera jugé et puni. La Palestine sera libérée ». De son côté, Emma Fourreau avait prévenu : « Si vous lisez ceci, cela signifie que nous avons été kidnappés. Il est temps que l’impunité du gouvernement israélien prenne fin : nous devons bloquer l’Europe et l’économie mondiale en réponse ».
Ada Colau, dans un message vidéo diffusé sur Instagram, avait qualifié l’événement d’« arrestation illégale » et lancé un appel : « Les gouvernements doivent agir immédiatement pour obtenir notre libération et l’ouverture d’un couloir humanitaire vers Gaza ». L’eurodéputée Lynn Boylan, présidente de la délégation du Parlement européen pour les relations avec la Palestine, a dénoncé une « troisième arrestation en quelques mois », affirmant que « les opérateurs humanitaires font ce que les dirigeants mondiaux sont trop lâches pour faire ».
Le groupe La Gauche Unitaire Européenne (GUE/NGL) au Parlement européen a publié un communiqué exigeant la « libération immédiate des prisonniers » et appelant l’Union européenne à agir « contre le génocide à Gaza ». Le groupe accuse Bruxelles et les gouvernements nationaux de laisser Israël « agir en toute impunité ».
La flottille, perçue comme un symbole de solidarité internationale avec la population de Gaza, a mis en lumière ce que La Gauche qualifie de « lâcheté d’Ursula von Der Leyen », critiquant son inaction face à Israël et l’absence de sanctions significatives.
En Italie, la secrétaire du Parti démocrate, Elly Schlein, a qualifié l’interception d’« absolument illégale » et a demandé au gouvernement italien ainsi qu’à ses partenaires européens d’« agir de toutes leurs forces pour garantir la sécurité des militants » et l’ouverture d’un « couloir humanitaire permanent ».
La situation a également fait son entrée dans le débat parlementaire. Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a déclaré avoir demandé à Israël une « attitude non agressive » et a évoqué des « opérations d’identification et d’expulsion ultérieure vers l’Europe dans quelques jours ». Il a qualifié la mission d’« humanitaire, pacifique et non violente », tout en exprimant une certaine prudence : « Croisons les doigts, jusqu’à présent, les choses se passent comme prévu ».
Par ailleurs, au sein du Parti démocrate, une résolution lie la reconnaissance de l’État de Palestine à la libération des otages et à l’exclusion du Hamas d’un éventuel gouvernement palestinien. Les partis AVS et M5S font pression pour un engagement plus clair, tandis qu’une abstention sur le « plan Trump », soutenue par certains membres, semble se profiler comme une option de compromis.
Face à cette crise, le gouvernement espagnol a activé ses consulats à Tel Aviv, Jérusalem et Nicosie, ainsi qu’une cellule de crise permanente pour assurer la protection de ses ressortissants impliqués. En Italie, la gestion de l’événement semble fragmentée, oscillant entre la « prudence » du ministre Tajani et la dénonciation de « l’illégalité » par Elly Schlein, les oppositions proposant des résolutions. Le risque est que l’Italie apparaisse, une fois de plus, en retard sur les événements plutôt qu’en mesure de dicter l’ordre du jour.
Mercredi 1er octobre 2025 – 23:03
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