Publié le 20 février 2026 à 15h00. La Berlinale, festival international du film de Berlin, a été secouée par une controverse politique concernant la prise de position des artistes sur le conflit israélo-palestinien, révélant les tensions entre expression artistique et engagement.
- La présidente du jury, Wim Wenders, avait initialement affirmé que le cinéma devait être exempt de considérations politiques, déclenchant une vive réaction.
- L’auteure Arundhati Roy a annoncé son absence du festival en raison du manque de solidarité affichée envers les Palestiniens de Gaza.
- Une lettre ouverte signée par plus de 80 personnalités du cinéma a dénoncé la censure exercée sur les artistes exprimant leur soutien à la Palestine.
La Berlinale, traditionnellement un lieu d’expression et d’engagement, s’est retrouvée au cœur d’une tempête politique. La déclaration initiale de Wim Wenders, visant à dissocier le cinéma de la politique, a rapidement suscité l’indignation. Il avait affirmé que le cinéma était « le contraire de la politique », une position qui a été perçue comme un manque de solidarité envers les victimes du conflit à Gaza.
La semaine dernière, le président du jury a tenté d’éviter les questions sur l’incapacité du festival à exprimer sa solidarité avec les Palestiniens. Cette attitude a rapidement été critiquée, et les artistes, acteurs et organisateurs du festival ont été interpellés par les journalistes et le public pour connaître leur position. L’auteure Arundhati Roy, lauréate du Booker Prize, a été l’une des premières à réagir, annonçant qu’elle ne participerait pas à un festival où les artistes ne s’engageraient pas face à ce qu’elle qualifie de « crime contre l’humanité ».
Rapidement, le conflit à Gaza est devenu le sujet central du festival, alimenté par les réseaux sociaux, où TikTok, l’un des sponsors de la Berlinale, a joué un rôle amplificateur. Michelle Yeoh et Neil Patrick Harris ont été critiqués pour leurs déclarations jugées trop neutres, tandis que la directrice du festival, Tricia Tuttle, a tenté de gérer la crise en soulignant que les artistes ne devraient pas être obligés de prendre position sur toutes les questions politiques.
Cette position a suscité une réaction immédiate. Une lettre ouverte, signée par 81 personnalités du cinéma, dont Javier Bardem, Brian Cox et Tilda Swinton, a dénoncé la « censure » des artistes s’opposant à la politique israélienne à Gaza et critiqué la vente d’armes allemandes à Israël. Les signataires ont également souligné des cas de pressions exercées sur des cinéastes ayant exprimé leur soutien à la Palestine lors des éditions précédentes du festival.
Tricia Tuttle a défendu la programmation du festival, soulignant qu’elle ne cherchait pas à faire taire les artistes, mais à respecter leur liberté d’expression. Elle a reconnu la douleur et la colère exprimées par les signataires de la lettre ouverte, mais a maintenu que le festival n’avait pas exercé de pression sur les cinéastes.
La Berlinale, historiquement engagée dans les questions politiques, a toujours été un lieu de débat et de contestation. Sa position géographique, à la frontière entre l’Est et l’Ouest pendant la Guerre froide, lui conférait une importance particulière. Depuis la chute du mur de Berlin, le festival a continué à soutenir les cinéastes persécutés et à dénoncer les injustices, comme l’invasion russe de l’Ukraine.
Malgré les tensions actuelles, la Berlinale continue de proposer une programmation riche et diversifiée, avec des films engagés et des œuvres qui reflètent les préoccupations contemporaines. Le festival reste un lieu important pour le dialogue et la réflexion sur les enjeux du monde actuel.
Interview de Tricia Tuttle dans The Hollywood Reporter.
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