Publié le 17 février 2024 16:32. Amnesty International dénonce une campagne de dénigrement visant la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, et appelle les États européens à défendre le droit international plutôt que de céder à des pressions politiques.
Amnesty International a fermement condamné les appels à la démission de Francesca Albanese, suite à des accusations infondées et à la diffusion d’une vidéo manipulée de son intervention à Doha. Plusieurs ministres européens ont laissé entendre à tort qu’elle considérait Israël comme un « ennemi commun », alors qu’elle faisait en réalité référence au système financier, aux algorithmes et à l’industrie de l’armement qui alimentent le conflit, selon l’organisation de défense des droits humains.
L’ONG appelle les gouvernements concernés à présenter des excuses publiques et à enquêter sur la propagation de cette désinformation. Amnesty dénonce un silence assourdissant face aux allégations de génocide, d’apartheid et d’occupation illégale israélienne, qualifiant cette attitude de « lâcheté ». La campagne contre Albanese est perçue comme une tentative de détourner l’attention des actions menées par Israël à Gaza.
« Il est répréhensible que des ministres d’Autriche, de République tchèque, de France, d’Allemagne et d’Italie aient attaqué la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la base d’une vidéo délibérément raccourcie pour interpréter de manière erronée ses propos », a déclaré Amnesty International.
La situation humanitaire à Gaza reste critique, malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre. Le nombre de victimes depuis octobre 2023 est estimé à plus de 72 000 personnes. Amnesty déplore que, malgré les ordonnances de la Cour internationale de Justice (CIJ) et les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) contre des dirigeants israéliens, les pays tiers continuent de fournir des armes aux auteurs présumés de violations du droit international, au lieu de respecter leurs obligations légales.
Amnesty International considère ces attaques comme une menace pour l’intégrité des mécanismes internationaux de défense des droits humains et insiste sur la nécessité pour les États de protéger le droit international.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International depuis 2021 et experte internationale des droits humains, a souligné l’importance de défendre l’indépendance des experts de l’ONU.