Publié le 9 février 2026. Bad Bunny, l’artiste portoricain qui a conquis le monde avec son mélange unique de rythmes latins et d’une identité affirmée, est sur le point de réaliser un nouveau sommet de sa carrière en devenant le premier artiste à se produire au Super Bowl en chantant exclusivement en espagnol.
- Bad Bunny a remporté le Grammy du meilleur album pour « Debí Tirar Más Fotos », un album entièrement en espagnol.
- Il se produira lors du spectacle de la mi-temps du Super Bowl le dimanche, devant un public estimé à plus de 120 millions de téléspectateurs.
- Son ascension fulgurante, d’un jeune homme ensachant des courses à une superstar mondiale, témoigne d’une révolution musicale et culturelle.
De ses débuts modestes à Vega Baja, Porto Rico, où il publiait ses premières chansons trap sur SoundCloud, Benito Antonio Martínez Ocasio, alias Bad Bunny, a parcouru un chemin extraordinaire. À l’époque, il travaillait dans un supermarché, loin de l’industrie musicale, son père étant chauffeur de camion et sa mère enseignante. Il se souvenait :
« Pouvez-vous imaginer un méchant lapin ? Non. Peu importe à quel point il est mauvais, vous aurez envie de le serrer dans vos bras, c’est comme ça que je me considère. »
Bad Bunny
Dix ans plus tard, son dernier album, « Debí Tirar Más Fotos », a marqué l’histoire en lui valant le Grammy du meilleur album, une première pour un artiste interprétant intégralement en espagnol. Cette consécration s’ajoute à une série de succès qui ont propulsé Bad Bunny au rang de superstar mondiale. Il a été l’artiste le plus écouté sur Spotify en 2020, 2021, 2022 et 2025, surpassant des artistes comme Taylor Swift et Drake.
En 2024, son album « Un Verano Sin Ti » (« Un été sans toi ») a été reconnu comme l’album le plus écouté de l’histoire de Spotify, avec plus de 15 milliards de streams, selon le Guinness World Records. Le magazine The New Yorker l’a désigné comme « la plus grande pop star » et le New York Times a affirmé qu’il « a réinventé le paysage de la musique espagnole ».
Mais Bad Bunny est bien plus qu’un simple artiste musical. Il est devenu une figure politique, remettant en question l’hypermasculinité de l’industrie musicale latine et défendant l’indépendance de Porto Rico, un territoire américain sans souveraineté. Il a également été un fervent défenseur des droits des femmes et de la communauté LGBTQ+.
Son style musical unique, mélangeant reggaeton, trap et des influences de salsa, de merengue, de mambo, de bossa nova et de plena, a conquis un public mondial. Ses paroles, souvent en Spanglish, abordent des thèmes variés, allant de l’amour et de la fête aux problèmes sociaux et politiques de Porto Rico, comme les fréquentes coupures de courant et la gentrification. Albert Laguna, professeur à l’Université de Yale, explique que, avec chaque chanson, Bad Bunny « dessine une carte de Porto Rico et des Caraïbes ».
L’influence de Bad Bunny s’étend également à la mode. Il a brisé les codes du genre avec ses tenues colorées, ses vernis à ongles et son esthétique audacieuse. Il a même porté des créations de créateurs de renom lors d’événements prestigieux comme le Met Gala à New York.
Son engagement politique s’est manifesté lors des manifestations historiques de 2019 à Porto Rico, où il a utilisé ses réseaux sociaux pour soutenir les mouvements indépendantistes. Il a également critiqué les raids migratoires du gouvernement de Donald Trump et a affiché son soutien aux migrants. Lors de la dernière cérémonie des Grammy Awards, il a affiché le message « ICE Out » en référence au service américain de l’immigration et des douanes.
La performance de Bad Bunny au Super Bowl, prévue le dimanche, suscite déjà l’enthousiasme et la controverse. Donald Trump a même critiqué son choix, affirmant ne pas savoir qui il était et jugeant sa présence « absolument ridicule ». Bad Bunny a répondu en lançant un défi aux non-hispanophones : « Vous avez quatre mois pour apprendre l’espagnol ».
Pour Leila Cobo, co-directrice du contenu du magazine Billboard, le succès de Bad Bunny réside dans sa capacité à transformer le local en global. Il a su intégrer des éléments de la culture portoricaine et des Caraïbes dans sa musique, créant ainsi un son unique et universellement attrayant. Selon Luis J. Cintrón, sociologue et expert des médias latino-américains à l’Université de Coventry, Bad Bunny est devenu un symbole de résistance et un ambassadeur de la culture portoricaine.
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