Publié le 2025-11-07 17:38:00. Alors que la saison de rugby 2024/2025 touche à sa fin, Ryan Baird, le polyvalent attaquant du Leinster, s’affirme comme l’une des révélations irlandaises de l’année. Après une fin de saison de club en fanfare, il saisit l’opportunité de se tailler une place de choix avec le XV du Trèfle.
- Ryan Baird a atteint une forme exceptionnelle en fin de saison, marqué par des distinctions individuelles en URC.
- Malgré une titularisation unique en Six Nations, il s’est imposé comme un candidat sérieux pour remplacer Peter O’Mahony.
- Son entraîneur, Andy Farrell, souligne sa maturité physique et mentale, particulièrement visible lors de la récente tournée estivale.
La saison 2024/2025 s’achève, et pour Ryan Baird, elle aura sans doute été celle de l’explosion. Le joueur du Leinster, dont la polyvalence a été particulièrement mise en lumière, semble avoir trouvé le rythme de croisière de sa carrière. Sa performance lors de la finale de l’United Rugby Championship (URC) contre les Bulls, après avoir été désigné homme du match en demi-finale face à Glasgow, témoigne de cette ascension. Bien que son rôle ait été plus discret lors de la demi-finale de la Champions Cup perdue contre les Northampton Saints, où il est entré en jeu, sa titularisation consécutive en URC lui a permis de retrouver son élan.
Malgré une fin de saison de club rayonnante, Ryan Baird n’a pas été retenu pour la tournée des Lions britanniques et irlandais. Il a cependant participé à la tournée d’automne de l’Irlande en Géorgie et au Portugal, où il a été aligné à l’arrière de la mêlée lors des deux rencontres. Face à une équipe géorgienne combative et dans des conditions météorologiques difficiles, le joueur de 26 ans a su se montrer, captant 11 sauts en touche pour l’Irlande et en volant deux. Même si le début de cette saison a été plus timide pour le Leinster, en difficulté lors de ses déplacements en Afrique du Sud, Baird a disputé l’intégralité des trois matchs précédant la récente défaite contre la Nouvelle-Zélande. Lors de ce match, il a une nouvelle fois évolué en troisième ligne aile, marquant sa septième titularisation à ce poste sur ses dix sélections.
Dans la course pour succéder à Peter O’Mahony, dont le retrait laisse un vide notable, Ryan Baird semble désormais tenir la corde. Il fait face à une concurrence féroce de la part de joueurs tels que Cian Prendergast, Nick Timoney, Cormac Izuchukwu et Tom Ahern, tous capables de performances remarquables. Jack Conan pourrait également jouer un rôle, notamment lorsque Caelan Doris, pilier du poste de numéro 8, sera de retour de blessure. La situation est complexifiée par la présence de Tadhg Beirne, un autre titulaire incontesté en deuxième ligne, mais qui peut également évoluer en troisième ligne avec succès, comme il l’a prouvé lors de la tournée des Lions.
L’absence sur blessure de Joe McCarthy pour le mois de novembre offre une fenêtre d’opportunité précieuse à Ryan Baird. Après n’avoir débuté qu’un seul des quatre matchs du Tournoi des Six Nations ce printemps, il a l’occasion de marquer des points importants. Andy Farrell, le sélectionneur, lui a accordé une nouvelle titularisation contre le Japon, sa quatrième consécutive. L’entraîneur-chef a souligné la progression du joueur, ancien élève du St Michael’s College, qui aurait intensifié son travail physique durant l’été. « Il semble avoir réellement mûri, non seulement dans son jeu, mais aussi dans sa condition physique », a confié Andy Farrell, évoquant une prise de poids significative qui semble avoir galvanisé le joueur. « Il y a une vraie planification, une vraie détermination dans sa préparation pour bien commencer la saison. Et c’est certainement ce qu’il a fait. »
Face aux All Blacks à Chicago, Ryan Baird, aux côtés de Stuart McCloskey, s’est distingué par sa capacité à gêner la touche adverse et à sortir son équipe de situations délicates. Il a enregistré 12 plaquages, réalisé sept courses et capté cinq sauts en touche. Cependant, la performance globale de l’Irlande en touche (11 sur 16, soit 69%) n’a pas été suffisante face aux Néo-Zélandais, d’autant que ce secteur est une source majeure de possession pour le XV du Trèfle. Des erreurs, telles que trois sauts perdus, une balle échappée et une touche mal jugée, ont pénalisé l’équipe. Bernard Jackman, consultant pour le rugby, a décrit cette situation comme un manque de coordination et une « pagaille » dans le jeu aérien.
Ce secteur, où l’Irlande a rencontré des difficultés avant la Coupe du monde malgré un taux de réussite de 91% lors du Tournoi des Six Nations 2024, reste un chantier malgré les efforts de Paul O’Connell, l’entraîneur adjoint en charge de la touche. Les qualités athlétiques de Baird sont indéniables et ses percées spectaculaires ravissent le public. Cependant, la capacité à être un joueur fiable en touche, à la manière de Devin Toner, Donnacha Ryan ou de Paul O’Connell lui-même, serait un atout majeur pour sécuriser davantage de temps de jeu. Le joueur, qui compte 30 sélections depuis ses débuts en 2021, compare le jeu en touche à une partie d’échecs, une « guerre psychologique » qu’il apprécie particulièrement.
Si le Japon ne devrait pas poser les mêmes problèmes en touche que la Nouvelle-Zélande, les matchs à venir contre l’Australie et l’Afrique du Sud représenteront des défis de taille. Ils seront déterminants pour l’affirmation de Baird dans son rôle. Le remplacement de Peter O’Mahony ne sera pas une mince affaire, car le joueur du Munster était une figure emblématique. Toutefois, Ryan Baird possède la puissance et le gabarit nécessaires pour tracer sa propre voie et devenir un joueur indispensable. S’il parvient à reproduire ses performances des six derniers mois lors des prochains tests, le maillot de titulaire pourrait bien lui appartenir.