Une enquête choc de la BBC Panorama révèle des comportements choquants au sein de la police métropolitaine de Londres, avec des policiers tenant des propos racistes, misogynes et discriminatoires, bafouant ainsi les valeurs fondamentales de la profession. Ces révélations ont conduit à des suspensions et à une enquête interne approfondie.
- Des policiers de la Metropolitan Police, la plus grande force de police du Royaume-Uni, ont tenu des propos déplacés et discriminatoires, portant atteinte à l’éthique professionnelle.
- Ces comportements ont été mis au jour grâce à une enquête sous couverture menée par un journaliste de la BBC Panorama pendant sept mois.
- Suite à la diffusion de ces éléments, huit policiers et un membre du personnel ont été suspendus, et deux autres ont été déplacés de leurs fonctions de première ligne.
L’enquête, menée par le journaliste Rory Bibb travaillant comme agent de détention désigné au commissariat de Charing Cross, a mis en lumière une culture inquiétante au sein de certains éléments de la police londonienne. Les enregistrements clandestins révèlent des conversations où des policiers expriment des opinions racistes, misogyne et discriminatoires, allant jusqu’à évoquer des violences extrêmes.
Parmi les propos captés, le sergent Joe McIlvenny aurait exprimé des doutes sur les allégations de viol et de violence domestique, minimisant la gravité des faits. L’officier Martin Borg est accusé d’avoir décrit avec enthousiasme l’usage de la force excessive par un collègue et d’avoir proposé de fausser témoignage. L’officier Phil Neilson aurait quant à lui suggéré de tirer sur des immigrants et des violeurs.
Ces comportements ont été qualifiés de « honteux, complètement inacceptables et violant les valeurs et les normes des forces de police » par le chef de la police métropolitaine, Sir Mark Rowley. Il a assuré que des mesures immédiates et sans précédent ont été prises pour enquêter sur ces allégations, qui ont été transmises à la conduite indépendante de la police.
Selon la BBC, l’enquête a également révélé une tendance à l’usage excessif de la force. L’officier Borg aurait décrit une scène où un suspect a été plaqué au sol et où un sergent, surnommé « Stampy », aurait piétiné la jambe de l’individu. Des images de vidéosurveillance semblent corroborer cette version, bien que la justification par le sergent d’une tentative de coup de pied du suspect n’ait pu être vérifiée.
Des remarques racistes et islamophobes ont également été enregistrées. L’officier Borg aurait affirmé que les musulmans « nous détestent » et que l’islam représente un « grave problème ». L’officier Neilson a tenu des propos particulièrement virulents envers les immigrés, les qualifiant de « raclures » et suggérant des châtiments corporels extrêmes.
Face à ces révélations, Sir Mark Rowley a annoncé la dissolution de l’équipe de détention de Charing Cross et a souligné que plus de 1 400 policiers et membres du personnel ont été licenciés ou ont démissionné pour non-respect des normes depuis 2022, qualifiant cette démarche de « plus grande opération de nettoyage de l’histoire de la force policière ».
L’ancienne chef de police temporaire, Sue Fish, s’est dite « choquée et dégoûtée » par les propos tenus, qualifiant certains officiers de « racistes violents ». Elle a critiqué la direction de la police métropolitaine, estimant qu’elle n’a jamais pleinement saisi la « gravité, l’échelle et l’impact » de la culture toxique au sein de la force.
L’enquête de la BBC survient alors que la police métropolitaine fait l’objet d’un examen approfondi suite au meurtre de Sarah Everard par un policier en 2021. Un rapport indépendant avait alors conclu à une culture institutionnelle de racisme, d’homophobie et de misogynie au sein des forces de l’ordre londoniennes.