La valeur de l’écosystème de l’Indian Premier League (IPL), jadis locomotive de la croissance sportive mondiale, connaît un ralentissement inédit. Selon un récent rapport, ce déclin est particulièrement marqué depuis 2023, entraînant une baisse significative des revenus potentiels pour le Board of Control for Cricket in India (BCCI).
Alors que le BCCI a enregistré un chiffre d’affaires opérationnel avoisinant les 9 742 crores de roupies indiennes (environ 1,17 milliard d’euros) pour l’exercice 2024, la performance de sa ligue phare, l’IPL, montre des signes de fatigue. Lancée en 2008 avec une valorisation de 19 500 crores de roupies (environ 2,35 milliards d’euros), celle-ci avait grimpé jusqu’à 76 100 crores (environ 9,18 milliards d’euros) dans ses années fastes.
Un rapport de D&P Advisory, publié le 15 octobre, révèle une diminution de près de 8 % de la valeur de l’écosystème de l’IPL entre 2024 et 2025. Si l’on considère le pic atteint en 2023, la chute est encore plus spectaculaire, s’élevant à 17,73 %.
Les causes d’une décroissance
Le document, intitulé « Beyond 22 Yards – The Power of Platforms, The Price of Regulation », pointe deux facteurs majeurs derrière ce retournement de situation : la législation sur la promotion et la régulation des jeux en ligne (Promotion and Regulation of Online Gaming Bill 2025) et la fusion entre JioCinema et Disney+ Hotstar.
Le projet de loi sur les jeux en ligne aurait privé l’écosystème de l’IPL d’environ 1 500 à 2 000 crores de roupies (environ 180 à 240 millions d’euros) en revenus publicitaires et de sponsoring annuels. Parallèlement, la fusion Jio-Disney a engendré une diminution de la concurrence lors des enchères pour les droits de diffusion et de streaming, limitant ainsi la surenchère.
Combinés, ces éléments expliqueraient une perte de 16 400 crores de roupies (environ 1,97 milliard d’euros) de la valeur de l’écosystème sur une période de deux ans.
Perspectives et incertitudes
Malgré ce coup de frein, le rapport émet des réserves positives quant à l’avenir du streaming. La présence future de plateformes comme Netflix, Amazon et Apple sur le marché des droits de diffusion est envisagée, d’autant plus que l’audience numérique a surpassé pour la première fois celle de la télévision lors de la dernière édition de l’IPL. Cependant, le rapport souligne que ces nouvelles sources de revenus ne pourront pas compenser entièrement la perte générée par le segment des paris sportifs (fantasy).
Le tableau ci-dessous illustre l’évolution de la valeur de l’écosystème de l’IPL depuis 2023 :
| Année | Valeur (en crores de roupies) | % de changement (par rapport à 2023) |
|---|---|---|
| 2023 | 92 500 | – |
| 2024 | 82 700 | -10,59 % |
| 2025 | 76 100 | -17,73 % |
Impact sur le BCCI
La hausse continue des revenus opérationnels du BCCI est intrinsèquement liée à l’essor de l’IPL. Pour l’exercice 2008, le BCCI avait déclaré 1 000,40 crores de roupies (environ 120 millions d’euros) de revenus opérationnels. Ce chiffre a grimpé pour atteindre le record de 9 742 crores de roupies (environ 1,17 milliard d’euros) en 2024.
Cependant, la perte de 6 600 crores de roupies (environ 794 millions d’euros) dans la valeur de l’écosystème de l’IPL par rapport à l’année précédente pourrait avoir des répercussions. Sur les 9 742 crores de roupies de revenus opérationnels du BCCI, 5 741 crores provenaient directement de l’IPL. Cette manne financière est désormais susceptible de diminuer, entraînant mécaniquement une baisse des recettes globales de l’instance dirigeante du cricket indien.