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Ben Earl and Henry Pollock add to case for England backline inclusion

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L’Angleterre ose la révolution des postes : Borthwick ouvre la porte aux arrières chez les avants

Le sélectionneur de l’équipe d’Angleterre, Steve Borthwick, semble prêt à bousculer les conventions du rugby en envisageant sérieusement de repositionner des troisièmes lignes en première ligne et des ailiers au centre. Cette stratégie audacieuse, longtemps restée à l’état de concept, pourrait bien devenir une réalité dès l’automne prochain, après des démonstrations convaincantes face à l’Australie.

Des idées audacieuses, une application incertaine

Longtemps considérés comme des curiosités, des « voitures concept » du rugby, les joueurs hybrides n’ont que rarement franchi le pas du terrain en compétition officielle. Sous l’ère Eddie Jones, l’idée de voir des joueurs polyvalents changer de zone avait été évoquée. L’ancien sélectionneur avait imaginé Jack Nowell, ailier de formation, évoluer en troisième ligne, ou encore Tom Curry et Sam Underhill, flankers redoutables, migrer vers les lignes arrière. Cependant, ces pistes n’ont jamais été concrétisées, laissant le clivage entre avants et arrières intact et les orthodoxies habituelles perdurer.

Borthwick, le pionnier ?

Aujourd’hui, Steve Borthwick pourrait bien être celui qui ose franchir le Rubicon. Cette semaine, il a explicitement cité Ben Earl et Guy Pepper comme options potentielles au centre, et a même laissé entendre que le troisième ligne Henry Pollock pourrait être aligné à l’aile.

« Peut-être, peut-être pas que cela se produira cet automne », a nuancé Borthwick quant à un passage de Ben Earl au poste de premier centre. « C’est certainement un facteur que je prends en compte. Il a passé tellement de temps à s’entraîner avec les arrières, et on voit ses compétences et sa vitesse. »

Si cette transition devait se concrétiser durant la fenêtre internationale actuelle, le match contre les Fidji la semaine prochaine apparaîtrait comme l’opportunité la plus logique, plutôt que d’affronter les redoutables All Blacks ou les Pumas argentins.

Des performances qui incitent à l’expérimentation

La victoire 25-7 contre l’Australie n’a fait qu’encourager Borthwick à tenter sa chance. En un peu plus de 50 minutes sur le terrain, Ben Earl s’est révélé être le deuxième meilleur porteur de ballon anglais, accumulant 77 mètres parcourus et inscrivant le premier essai du match après une course audacieuse.

Henry Pollock, entré en jeu en remplacement d’Earl, a également brillé, parcourant 52 mètres et faisant étalage de sa dextérité pour récupérer le ballon avant d’éliminer l’arrière australien Andrew Kellaway pour marquer un essai qui a porté le score à 15-7 en faveur de l’Angleterre. Le jeune prodige de Northampton, désormais arborant une chevelure blonde décolorée, avait déjà marqué deux essais lors de ses débuts sous le maillot anglais contre le Pays de Galles en mars, avant de devenir un Lion Britannique et Irlandais durant l’été.

« Tout le monde est enthousiasmé quand Henry entre sur le terrain, en raison de ce qu’il apporte, il n’y a aucun doute là-dessus », a confié Borthwick. « Sa manière d’être et l’énergie qu’il dégage – c’est une boule d’énergie. J’adore avoir un tel caractère dans l’équipe. »

Un pari tactique aux multiples facettes

Tant Pollock qu’Earl possèdent un historique de courses pleines de vitesse et de puissance qui mériteraient d’être testées à plein temps derrière la mêlée. Leur capacité à gratter les ballons au sol (jackalling) ne ferait que s’accentuer dans les grands espaces du jeu ouvert. Néanmoins, étant donné les différences défensives et la complexité du positionnement, cela représenterait un pari tactique majeur, comme le démontre le lancement discret de Borthwick. Le sélectionneur expérimente également avec Tommy Freeman, plus habitué à évoluer à l’aile, au poste de premier centre. Cette idée avait été introduite lors du cinglant revers infligé au Pays de Galles lors du Tournoi des Six Nations. Face aux Wallabies, le résultat n’a pas toujours été probant, soulignant les défis inhérents à ces changements de postes audacieux.

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