Publié le 13 février 2024 10:24:00. La rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, est au cœur d’une vive controverse après des déclarations critiquant Israël, suscitant des appels à sa démission de la part de plusieurs pays européens, dont l’Allemagne et la France.
- L’Allemagne et la France demandent officiellement la démission de Francesca Albanese.
- L’Italie prend également ses distances avec la rapporteuse spéciale, jugeant ses positions incompatibles avec son rôle au sein de l’ONU.
- Francesca Albanese se défend, affirmant que ses propos ont été déformés et qualifie les attaques à son encontre d’une campagne de diffamation.
La rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, fait l’objet d’une forte pression après avoir critiqué le soutien international à Israël. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul (CDU), a publiquement demandé sa démission jeudi, dénonçant des déclarations qu’il juge « intenable ». Wadephul a déclaré :
« Je condamne ses récentes déclarations sur Israël. La position d’Albanese est intenable. »
Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères (CDU)
Lors d’une conférence télévisée organisée samedi par la chaîne qatarie Al-Jazira à Doha, Francesca Albanese a dénoncé le soutien apporté à Israël par la communauté internationale. Elle a affirmé :
« Le fait que la plupart des pays dans le monde n’arrêtent pas Israël, mais lui donnent des excuses politiques, une protection politique et un soutien économique et financier, est un défi. Nous qui ne contrôlons pas de grandes sommes de capital financier, d’algorithmes et d’armes, nous constatons désormais qu’en tant qu’humanité, nous avons un ennemi commun. »
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens
Ces propos ont également provoqué l’indignation en France. Des députés français ont accusé Francesca Albanese d’antisémitisme et ont adressé une lettre au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, demandant sa démission. Barrot a ensuite rejoint les appels à sa démission, expliquant devant le Parlement que les propos d’Albanese ne visaient pas seulement la politique du gouvernement israélien, mais « Israël en tant que peuple et nation, ce qui est absolument inacceptable ».
L’Italie a également exprimé son désaccord avec les déclarations de la rapporteuse spéciale. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a déclaré jeudi soir sur X (anciennement Twitter) que les positions de Francesca Albanese « ne reflètent pas l’attitude du gouvernement italien » et que son comportement est « inapproprié » pour une fonctionnaire de l’ONU.
Francesca Albanese s’est défendue sur la chaîne française France24, précisant qu’elle n’avait jamais affirmé qu’« Israël est l’ennemi commun de l’humanité », mais qu’elle avait plutôt condamné les « crimes » d’Israël, qualifiés d’« apartheid » et de « génocide » contre les Palestiniens. Elle a ajouté :
« J’ai condamné en tant qu’ennemi commun le système qui empêche que les crimes d’Israël soient traduits en justice et arrêtés. »
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens
Selon l’agence Reuters, Francesca Albanese a dénoncé sur la chaîne de télévision italienne La7 une « attaque sans précédent contre un expert des Nations Unies », affirmant que « tout ce qui a été dit sur moi est faux et donc diffamatoire ».
Avocate de formation, Francesca Albanese occupe le poste de rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens depuis mai 2022, suite à une nomination par le Conseil des droits de l’homme basé à Genève. Il est important de noter qu’elle ne parle pas au nom des Nations Unies elles-mêmes dans l’exercice de ses fonctions. (APA)