Le géant pétrolier britannique BP a annoncé des bénéfices conformes aux attentes pour le quatrième trimestre 2025, mais a pris la décision de suspendre ses rachats d’actions afin de renforcer son bilan face à la baisse des prix du pétrole. Cette mesure intervient dans un contexte de résultats décevants pour l’ensemble du secteur énergétique européen.
Le bénéfice sous-jacent sur le coût de remplacement de BP s’est élevé à 1,54 milliard de dollars (environ 1,4 milliard d’euros) pour les trois derniers mois de l’année, en ligne avec les prévisions des analystes. Cependant, le bénéfice net annuel de 7,49 milliards de dollars (environ 6,87 milliards d’euros) est légèrement inférieur aux attentes, marquant un recul par rapport aux près de 9 milliards de dollars (environ 8,25 milliards d’euros) enregistrés en 2024.
Dans un communiqué, Carol Howle, directrice générale par intérim de BP, a souligné que 2025 a été une année de « solides résultats financiers, de performances opérationnelles robustes et de progrès stratégiques significatifs ». Elle a ajouté : « Nous avons fait des progrès sur nos quatre objectifs principaux – accroître les flux de trésorerie et les rendements, réduire les coûts et renforcer le bilan – mais nous savons qu’il reste encore du travail à faire et nous sommes conscients de l’urgence d’y parvenir. »
La suspension des rachats d’actions, qui s’élevaient auparavant à 750 millions de dollars (environ 687 millions d’euros), permettra d’allouer l’intégralité des liquidités excédentaires au renforcement du bilan de l’entreprise. Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large observée dans le secteur, où les entreprises énergétiques réévaluent leurs politiques de distribution de capital en raison de la volatilité des prix du pétrole.
Le cours de l’action BP a chuté de près de 4 % en début d’après-midi, reflétant une réaction mitigée du marché. Maurizio Carulli, analyste mondial de l’énergie chez Quilter Cheviot, estime que cette décision est une mesure prudente : « Dans le cadre de la ‘réinitialisation de la stratégie’ lancée par l’ancien PDG Murray Auchincloss en avril dernier, les rachats avaient déjà été réduits. Les annuler complètement témoigne d’une position plus conservatrice et d’une concentration claire sur la résilience financière. »
Par ailleurs, BP a annoncé un dividende par action ordinaire de 8,320 cents. La dette nette de l’entreprise au quatrième trimestre s’est établie à 22,18 milliards de dollars (environ 19,3 milliards d’euros), en légère baisse par rapport à la même période de l’année précédente. Le flux de trésorerie opérationnel a atteint 7,6 milliards de dollars (environ 6,96 milliards d’euros).
L’entreprise a également fixé son budget d’investissement pour 2026 entre 13 et 13,5 milliards de dollars (environ 11,9 à 12,3 milliards d’euros), ce qui correspond à la limite inférieure de sa fourchette prévisionnelle. Meg O’Neill, actuelle directrice générale de Woodside Energy, prendra les rênes de BP le 1er avril, succédant à Murray Auchincloss qui avait annoncé son départ à la fin de l’année dernière.
Cette annonce intervient après que d’autres géants du secteur, tels qu’Equinor et Shell, ont également fait état de bénéfices trimestriels plus faibles, citant la baisse des prix du pétrole comme principal facteur. Equinor a réduit ses rachats d’actions à 1,5 milliard de dollars (environ 1,37 milliard d’euros) pour 2025, tandis que Shell a maintenu les siens à 3,5 milliards de dollars (environ 3,2 milliards d’euros).