Publié le 2025-10-21 18:26:00. Icône de la pop belge des années 90, le groupe Léopold 3 s’apprête à tirer sa révérence sur la scène de la Nostalgia 90’s Party, au Carré de Willebroek, ce vendredi. Après une carrière jalonnée de succès, les membres ont décidé de mettre un terme à leur aventure musicale.
- Léopold 3, groupe phare des années 90 avec des tubes comme « Only for You » et « Zomerlicht in de volle maan », annonce sa séparation imminente.
- La Nostalgia 90’s Party au Carré de Willebroek sera le dernier concert du groupe.
- Les membres invoquent un changement de l’industrie musicale et le désir de préserver la nostalgie sans vivre dans le passé.
Les années 90 ont été l’âge d’or de Léopold 3. Aux côtés de figures telles que Léopold 3, Erik Goossens, Pat(je) Krimson et Stefan Wuyts, ils ont enchaîné les succès commerciaux, marquant la bande-son de la jeunesse de nombreux fans. Des titres comme « Only for You » et « Zomerlicht in de volle maan » résonnent encore aujourd’hui. Mais cette époque touche à sa fin. Vendredi soir, lors de la Nostalgia 90’s Party au Carré à Willebroek, le groupe pop donnera son ultime représentation.
« Cela nous a semblé être la soirée parfaite », confie Erik Goossens, l’un des membres fondateurs. « Nous nous sommes produits plus d’une fois au Carré, mais cela fait des années que nous n’y sommes pas retournés. Mes soirées se déroulent désormais principalement au théâtre, tandis que Pat trouve sa place sur les festivals. Nos univers actuels sont très différents », explique Goossens.
Les membres de Léopold 3 durant leurs années de gloire dans les années 90. © rr
Le groupe avait initialement mis un terme à sa carrière en 1996. Cependant, une apparition télévisée deux ans plus tôt avait ravivé la flamme. Un nouveau single, « Absolu », était sorti l’année dernière, censé marquer un retour, mais n’a pas rencontré le succès escompté. « L’industrie a trop changé. Les hits sont aujourd’hui dictés par TikTok, et les ventes de disques sont devenues quelque chose de très flou. Il est difficile de faire accepter un nouveau répertoire ; le public recherche la nostalgie. Ce qui est tout à fait compréhensible, mais je ne souhaite pas passer ma vie à revisiter nos anciens succès. Je préfère donc terminer sur une note positive, et Patje et Stefan partagent entièrement mon avis. »
Un au revoir sans regret
Les discussions pour cette séparation n’ont pas été longues, selon Erik Goossens. La semaine dernière, après un concert à Genk, le trio a convenu que la performance au Carré serait une conclusion idéale. « En tant qu’artiste, il est crucial de comprendre son public. Pour vous donner une idée, ce matin, j’étais dans le studio Nostalgie à côté d’un animateur qui n’était pas encore né lorsque nous avons arrêté la première fois. (rires) Mes filles, aujourd’hui âgées de 29 et 23 ans, n’ont jamais vu Léopold 3 sur scène. Je suis ravi de pouvoir partager cette partie de ma vie avec elles vendredi, mais il n’y a plus d’intérêt à continuer. »
La sobriété semble donc être le maître mot. Une fin décidée, permettant de se remémorer les « années d’or » avec affection et sans amertume. « On nous considérait comme un groupe pop, mais en termes de rock’n’roll et d’anecdotes en coulisses, nous étions à la hauteur de De Kreuners », déclare-t-il avec un sourire palpable. « Nous avons fait de nombreuses bêtises. À l’époque, rien ne nous amusait plus que de monter négligemment dans la voiture devant nous lorsqu’un embouteillage nous bloquait. »
Goossens se souvient d’une anecdote mémorable impliquant un faux crocodile qui trônait sur la banquette arrière. Nommé « Elvis », en référence au reptile de Sonny Crockett dans *Miami Vice*, ce compagnon inanimé avait le don de surprendre les autres automobilistes. « Lorsque nous nous arrêtions à un feu rouge, je le sortais pour le faire faire le tour de la voiture. Le laisser dehors un moment. Les regards des autres conducteurs valaient leur pesant d’or. »
« Il est difficile de faire accepter un nouveau répertoire ; le public recherche la nostalgie. » © VTM
Les souvenirs heureux sont nombreux, même si l’Œil d’Or (Prix flamand des médias) remporté en 1993 pour le meilleur groupe reste une exception notable. « D’abord, cette reconnaissance était très gratifiante. Mais ce prix nous a été remis par les garçons de Take That. Aujourd’hui, il est impensable que des stars mondiales descendent, par exemple, aux Kastaars, mais recevoir un Golden Eye de Robbie Williams était indescriptible. Je me souviens d’ailleurs m’être retrouvé ensuite dans un café à Ostende. Je crois que cette statue y est toujours. » (rires)
Si Léopold 3 s’apprête à disparaître, la camaraderie entre ses membres est indéfectible. « L’année prochaine, Patje et moi proposerons quelque chose de nouveau, quelque chose de complètement différent. Je ne peux pas encore en dire beaucoup, car nous sommes encore en train de chercher la formule idéale. Mais une chose est sûre, nous allons nous amuser. Et c’est là que tout commence. »
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