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Casting Director Francine Maisler on ‘Sinners’ — Interview

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La direction de casting est bien plus qu’une simple liste de stars potentielles, affirme Francine Maisler, nominée aux premiers Oscars de la meilleure direction de casting pour son travail sur le film « Sinners ». Cette professionnelle chevronnée révèle les coulisses d’un métier exigeant, où curiosité, exploration et collaboration sont les maîtres mots.

Pour Francine Maisler, la direction de casting est un art subtil qui combine une curiosité insatiable, la recherche de talents dans des milieux inattendus et une capacité à imaginer le potentiel caché des acteurs. Elle implique également une collaboration étroite avec le réalisateur, allant bien au-delà de la simple lecture du scénario.

« Nous échangeons des messages à toute heure », explique-t-elle, évoquant sa relation avec le réalisateur de « Sinners », Ryan Coogler. « Nous adorions réfléchir ensemble, et nous allons probablement commencer un nouveau projet. Par exemple, pour le rôle du père de Sammy, nous nous demandions : ‘Que pouvons-nous faire ?’ Un soir, je lui ai suggéré : ‘Et si on sortait des sentiers battus ? Que pensez-vous d’un slam poet ?’ »

C’est ainsi que Saul Williams, un artiste de la parole, a été choisi pour incarner le rôle du père prédicateur de Sammy, interprété par Miles Caton. La recherche du jeune acteur principal pour ce drame gothique se déroulant dans le delta du Mississippi a conduit l’équipe de Maisler à explorer les clubs de blues et les campus universitaires à travers tout le pays.

Mais la disponibilité des acteurs célèbres n’est pas toujours garantie, et les réalisateurs ont souvent une vision précise de ce qu’ils recherchent. « Nous castons partout, nous cherchons partout », insiste Francine Maisler. « Nous travaillons encore plus dur depuis la pandémie, car nous pouvons observer des performances même lorsque je ne peux pas dormir à minuit. »

L’objectif n’est pas seulement de réunir un ensemble de visages diversifiés, mais aussi de trouver des acteurs aux compétences variées. Pour « Sinners », il s’agissait de dénicher des talents capables d’explorer des facettes inattendues de leur jeu. « Mon travail consiste à connaître chaque acteur et à savoir ce qui l’attend encore, comment révéler son talent », précise-t-elle. « Jayme Lawson, par exemple, avait déjà été castée à plusieurs reprises, mais qui aurait cru qu’elle savait chanter et danser comme ça ? Elle est tout simplement incroyable dans ce film. »

Elle cite également les exemples de Delroy Lindo, Hailee Steinfeld et Yao, tous issus de formations prestigieuses, ainsi que Lola Kirk, une actrice new-yorkaise qui se reconvertit en chanteuse country à Nashville grâce à ce rôle. « Ce film est une véritable joie. Je suis juste heureuse que le public l’apprécie autant que moi », confie-t-elle.

Trouver le choix idéal pour chaque rôle ne se limite pas à l’intuition du directeur de casting. Il s’agit également de préparer les acteurs à réussir, de leur fournir les informations nécessaires, de les aider à comprendre la direction du réalisateur et de leur donner confiance en leur capacité à apporter leur propre perspective et leur expérience au rôle.

Pour « Sinners », Francine Maisler a bénéficié d’un partenaire précieux en la personne de Ryan Coogler. « Je pense que Ryan, en rencontrant et en choisissant chaque personne, a vraiment pris le temps de les écouter, de les voir et de leur permettre de se sentir en sécurité, afin qu’ils puissent prendre des risques. Ils savaient qu’il les rattraperait en cas de chute », explique-t-elle.

Forte d’une carrière jalonnée de collaborations prestigieuses avec des réalisateurs tels qu’Alejandro González Iñárritu, Denis Villeneuve, Greta Gerwig, Steve McQueen, Michael Mann, Gus Van Sant et Sam Raimi, Francine Maisler continue d’aborder chaque projet avec un regard neuf et une soif d’apprendre. Elle se souvient avoir assisté à des projections des films de James L. Brooks, comme « Tendres Passions » et « Broadcast News », et avoir admiré les œuvres de Terrence Malick alors qu’elle débutait dans le casting de « Reality Bites » et de « The Larry Sanders Show ». Aujourd’hui, elle a eu le privilège de travailler avec ces deux réalisateurs.

« J’ai tellement de chance de pouvoir dire que je travaille non seulement avec Terry Malick, mais que je le connais personnellement – ce sont des mots que je ne pensais pas prononcer un jour », s’exclame-t-elle. « Ou avec le grand Miloš Forman. Mon Dieu. J’ai appris de chacun d’eux. »

L’apprentissage est la clé de son approche de chaque projet. « À ce stade de ma carrière, je veux juste apprendre – que ce soit sur le sujet du film ou sur le réalisateur. C’est l’aspect le plus excitant pour moi », conclut Francine Maisler. « C’est une satisfaction créative immense. »

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