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Cet avocat représente l’auteur du crime, jamais le crime !

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Publié le 2024-10-17 18:05:00. Meurtre, incendie criminel, faillite : Erich Joester a marqué de son empreinte les grands procès de Brême. Cet avocat pénaliste, connu pour son opposition à la perpétuité, revient sur sa carrière et les combats qui l’ont façonné.

  • Erich Joester s’est impliqué dans des affaires judiciaires majeures à Brême, notamment le dossier Niels Högel, l’incendie de « Harms am Wall », et les scandales Beluga et Vulkan.
  • Il milite contre la perpétuité, estimant que la réinsertion est quasi toujours possible, s’appuyant sur son expérience auprès de détenus et de son ouvrage de référence sur l’application des peines.
  • Son engagement est motivé par un profond sentiment d’injustice, né de son enfance marquée par le contraste entre ses privilèges et la précarité d’autres enfants.

« Si j’étais condamné à perpétuité pour moi-même ou pour mon client, il se pourrait qu’il y ait eu un sac de riz », confie Erich Joester, illustrant sa philosophie dans la défense des accusés. L’avocat s’efforce toujours de trouver des arguments pour alléger la peine de ses clients, une démarche qui, selon ses dires, lui a toujours réussi dans les affaires de meurtre.

Je défends l’auteur – pas le crime !

Erich Joester ne refuse que quelques mandats

Depuis 1977, Erich Joester contribue à la référence juridique qu’est le « Commentaire sur la loi pénale d’exécution ». Son immersion dans le milieu carcéral, notamment dans un quartier de condamnés à perpétuité à Hambourg, l’a conforté dans sa conviction : « Si vous vivez cela depuis un certain temps, vous êtes fermement convaincu que la ‘condamnation à perpétuité’ est inutile et même nuisible. » Il témoigne d’un cas où il a obtenu la libération d’un client après 49 ans de détention. Sa ligne rouge ? Défendre le crime lui-même. « Je défends l’auteur – pas le crime ! À cet égard, je défends tous les auteurs, à l’exception peut-être de la scène d’extrême droite. »

Une sensibilité née de l’injustice

Né près d’Osnabrück en 1948, Erich Joester a connu une enfance marquée par la perte précoce de sa mère et une relation difficile avec son père. L’envoi chez un oncle fortuné en Forêt-Noire lui a révélé des disparités sociales frappantes. « Ce contraste : moi, l’enfant privilégié que l’on conduit à l’école en voiture, et en contraste les gens qui sont punis parce qu’ils n’ont pas d’argent. Cela me touche encore aujourd’hui. » Ces expériences ont forgé sa perception de la justice et de l’inégalité.

L’écho d’une jeunesse tourmentée

Le sentiment d’abandon durant son adolescence a failli coûter la vie à Erich Joester, qui a tenté de mettre fin à ses jours. Sauvé par un pasteur, il a trouvé refuge et écoute auprès de sa famille, un soutien décisif et caché à son père. « Mon père m’aurait battu à mort s’il l’avait su », se souvient-il. Cette période lui a permis de se reconstruire, loin des tensions familiales qui s’accentuèrent avec le départ de son frère aîné pour ses études, rendant « difficile de gérer les hypothèques du passé ».

Retour au cabinet après une épreuve médicale

L’engagement professionnel d’Erich Joester a toujours été sa priorité. Il y a plusieurs années, peu après une opération pour une tumeur au cerveau, il s’est rendu directement à son cabinet pour s’assurer de ses facultés cognitives. Même s’il a appris à déléguer une partie de son travail à ses collaborateurs, il n’a rien perdu de sa passion. « Je pense que si j’étais né de nouveau, je referais la même chose. »

Ce sujet au programme : Brême Two, temps de parole, 17 octobre 2024, 18h05

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