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Comment le « racisme structurel » a fini par dominer la recherche médicale

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Une réorientation majeure est en cours dans la politique de financement de la recherche médicale aux États-Unis, alors que les National Institutes of Health (NIH) s’éloignent d’une approche axée sur le concept de « racisme structurel » pour privilégier une science rigoureuse et fondée sur des preuves. Cette évolution intervient après des années de dépenses considérables consacrées à l’étude de ce phénomène, suscitant des interrogations sur l’efficacité et la pertinence de ces investissements.

De 2020 à 2025, près de 533 millions de dollars (environ 490 millions d’euros) ont été alloués à plus de 750 projets de recherche mentionnant le « racisme structurel » dans leurs résumés, selon une analyse des bases de données des NIH. En 2025 seulement, 40 millions de dollars (environ 37 millions d’euros) ont été consacrés à plus de 70 projets, un chiffre en légère baisse par rapport aux 150 millions de dollars (environ 140 millions d’euros) investis en 2024 dans plus de 220 projets. Avant 2020, le financement de ce type de recherche était marginal, avec seulement 12 millions de dollars (environ 11 millions d’euros) alloués à 12 projets.

L’Institut national sur l’abus des drogues (NIDA), l’Institut national sur la santé des minorités et les disparités en matière de santé (NIMHD) et l’Institut national sur le vieillissement (NIA) ont été les principaux contributeurs à ce financement. Par exemple, en 2025, le NIDA a soutenu un projet identifiant le « racisme structurel » comme un facteur de risque pour le développement des bébés, au même titre que des éléments plus traditionnels comme la santé maternelle ou les expositions toxiques. Le NIMHD a également financé un programme de formation axé sur « l’équité en santé », réservé aux personnes jugées « sous-représentées » dans la recherche biomédicale.

Cette focalisation sur le « racisme structurel » est apparue relativement tardivement dans la littérature médicale. Pratiquement absent il y a dix ans, ce concept est devenu, depuis 2020, une explication courante des disparités en matière de santé entre les groupes raciaux et ethniques, notamment sous l’influence du mouvement Black Lives Matter et de l’idéologie antiraciste dominante.

Cependant, des critiques soulignent que les outils utilisés pour quantifier le « racisme structurel », comme l’Indice des effets du racisme structurel (SREI), mesurent en réalité des conditions socio-économiques telles que la richesse, le revenu et le logement. Un score élevé sur cet indice indique souvent simplement une communauté confrontée à la pauvreté. Les chercheurs eux-mêmes reconnaissent qu’il est difficile d’établir des liens de causalité entre ces scores et les problèmes de santé, et que les difficultés économiques peuvent avoir de multiples origines.

Cette tendance a été dénoncée par certains comme un détournement de fonds publics au profit d’une idéologie plutôt que d’une science rigoureuse. Sous la direction de Francis Collins, les NIH avaient même « reconnu et déterminé à mettre fin au racisme structurel » sans pour autant définir clairement ce concept.

À ce stade, une nouvelle direction est prise sous la houlette de Jay Bhattacharya, qui vise à recentrer les NIH sur leur mission première : financer une recherche scientifique solide et basée sur des preuves. L’objectif est de diriger les fonds des contribuables vers des travaux susceptibles d’améliorer concrètement la santé, plutôt que d’alimenter des débats politiques.

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