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Concernant les élections en Bolivie

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Publié le 2025-10-25 07:27:00. Alors que les tendances politiques mondiales montrent une oscillation entre la gauche et la droite, la Bolivie s’inscrit dans cette mouvance avec l’élection de Rodrigo Paz Pereira. Ce scrutin présidentiel, marqué par un affrontement entre le centre-droit et l’extrême droite, reflète un paysage politique continental en pleine mutation.

Le continent américain est le théâtre d’une vague de changements politiques où les formations de droite et de centre-droit semblent gagner du terrain. En témoignent les récentes élections ou les bons scores obtenus par ces courants dans de nombreuses régions auparavant dominées par la gauche. Même au Chili, le président socialiste Gabriel Boric a opéré un recentrage de sa politique, s’alignant désormais davantage sur le centre-gauche. Seul le cas du Salvador, avec Nayib Bukele, fait figure d’exception, son administration d’extrême droite n’hésitant pas à recourir à des méthodes autoritaires.

Aux États-Unis, l’élection de Donald Trump est largement attribuée aux erreurs de ses prédécesseurs démocrates et à la résurgence d’un nationalisme militant, qui, pour l’heure, s’exprime dans un cadre démocratique. En Argentine, Javier Milei revendique ouvertement son appartenance à l’extrême droite économique, prônant un ultralibéralisme débridé.

Sur le plan continental, de nombreux pays sont dirigés ou co-dirigés par des gouvernements de centre et de droite, tels que l’Équateur, le Pérou, le Paraguay et la Guyane. D’autres, comme le Panama, le Costa Rica et la Barbade, montrent des orientations moins orthodoxes.

En Europe, la gauche démocratique a cédé le pouvoir dans des pays comme le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie ou encore les Pays-Bas. Même au Japon, la première femme à diriger le gouvernement, Sanae Takaichi, est issue du Parti libéral-démocrate (centre). L’extrême droite, quant à elle, a été légitimée démocratiquement en Hongrie et en Pologne, et pourrait connaître une victoire en France lors des prochaines élections.

Dans ce contexte mondial, l’élection présidentielle bolivienne a vu la victoire de Rodrigo Paz Pereira, candidat d’une coalition d’inspiration démocrate-chrétienne, face à son adversaire d’extrême droite, Tuto Quiroga. Ce résultat modéré offre une lueur d’espoir pour un gouvernement qui sera dirigé par le fils de Jaime Paz Zamora, ancien président bolivien de 1989 à 1993.

L’histoire politique récente de la Bolivie a été marquée par des transitions présidentielles parfois agitées. La période 2003-2020, dominée par Evo Morales, s’est achevée avec la passation de pouvoir à Luis Arce. Cependant, les tentatives d’Evo Morales d’exercer une tutelle sur son successeur ont contribué au déclin du parti MAS, qui a vu ses soutiens diminuer lors des dernières élections de 2025. L’espoir est donc que l’influence de « l’evismo » s’estompe sur l’échiquier politique bolivien, même si la résilience de mouvements comme le kirchnérisme en Argentine montre que de telles dynamiques peuvent perdurer.

Dans une anecdote personnelle, il est rappelé qu’en 1984, l’auteur de ces lignes a partagé un moment avec Jaime Paz Zamora dans le désert du Sahara, lors d’une visite de soutien à la République Arabe Sahraouie Démocratique. Jaime Paz Zamora était alors décrit comme un fervent défenseur de la démocratie.

Rodrigo Paz Pereira, quant à lui, se présente comme un démocrate convaincu, réitérant ses promesses de campagne et ses déclarations post-électorales. Il reste à déterminer si les turbulences actuelles en Amérique latine, et particulièrement en Bolivie, permettront à Rodrigo Paz de mener à bien son programme de renouveau national.

La Bolivie dispose d’importantes ressources minières, notamment en lithium, dont la valeur est actuellement très recherchée. Ces ressources pourraient compenser le déclin des exportations de pétrole et de gaz. La clé du succès résidera dans une gestion efficace.

Il est anticipé qu’Evo Morales et Nicolás Maduro chercheront à déstabiliser le nouveau gouvernement bolivien, bien que les circonstances soient différentes et que les ressources économiques soient limitées.

Rodrigo Paz Pereira devra évaluer l’héritage du Forum de São Paulo, de la révolution bolivarienne et du socialisme du XXIe siècle pour déterminer la voie la plus appropriée pour son pays. L’activisme social promu par Evo Morales sera également un facteur à considérer.

Il faudra également suivre de près l’élection présidentielle chilienne du 16 novembre, où l’extrême droite est attendue favorite.

Au Mexique, le gouvernement de Claudia Sheinbaum semble vouloir perpétuer les politiques populistes de son prédécesseur, Andrés Manuel López Obrador, laissant présager peu de changements significatifs.

Enfin, au Venezuela, l’espoir réside dans une transition pacifique vers la présidence d’Edmundo González Urrutia, et la possibilité pour María Corina Machado de retrouver son rôle de leader politique.

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