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Conseil de paix aux États-Unis : un spectacle Trump à un milliard de dollars

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Washington a accueilli jeudi une réunion inaugurale du Conseil de paix, une initiative du président américain Donald Trump, qui a permis de mobiliser près de 7 milliards de dollars pour la reconstruction de la bande de Gaza. Malgré les promesses d’aide financière et de déploiement de troupes pour stabiliser la région, l’efficacité de ce conseil pour parvenir à une paix durable entre Israël et la Palestine reste incertaine.

La guerre récente entre Israël et le Hamas a laissé Gaza dévastée, avec des besoins de reconstruction estimés à 53 milliards de dollars (environ 47,5 milliards d’euros), selon un rapport conjoint de la Banque mondiale, des Nations unies et de l’Union européenne. Face à cette urgence, le Conseil de paix a permis d’obtenir des engagements financiers de près de 50 pays, dont cinq se sont engagés à fournir des soldats pour un commandement de stabilisation.

Donald Trump a souligné l’importance de cette initiative lors d’un discours de plus de 45 minutes, louant les contributions de nombreux pays membres. Il a affirmé que le Conseil de paix était « l’organe le plus distingué jamais réuni » et a annoncé une contribution américaine de 10 milliards de dollars (environ 9 milliards d’euros). « Chaque dollar dépensé est un investissement dans la stabilité et l’espoir d’une région nouvelle et harmonieuse », a-t-il déclaré.

Cependant, cette contribution américaine a suscité des critiques, notamment de la part de démocrates qui la qualifient de « fonds de pots-de-vin financé par les contribuables ». Le sénateur Chris Murphy a dénoncé une initiative « totalement illégale ».

Le Conseil de paix, qui s’inscrit dans le cadre du plan de paix en 20 points de Trump pour le Moyen-Orient, pourrait potentiellement concurrencer les Nations unies. Trump a toutefois affirmé que le Conseil de paix souhaitait collaborer avec l’ONU, et non la remplacer, estimant qu’il pourrait même renforcer son action. « Un jour, je ne serai plus là. Les Nations Unies le seront. Je pense qu’elles seront beaucoup plus fortes. Le Conseil de paix supervisera en quelque sorte les Nations Unies et s’assurera de leur bon fonctionnement », a-t-il déclaré.

Plusieurs alliés traditionnels des États-Unis, notamment en Europe et en Asie, n’ont pas rejoint le Conseil de paix, participant à la réunion de Washington en tant qu’observateurs, comme l’Allemagne et une vingtaine d’autres pays. Trump a indiqué que des discussions étaient en cours avec d’autres nations, y compris des rivaux stratégiques comme la Russie et la Chine.

L’ancien diplomate américain Aaron David Miller a salué « l’internationalisation du problème de Gaza » comme une étape positive, tout en exprimant des doutes quant à la capacité du Conseil de paix, dans sa forme actuelle, à parvenir à une paix durable. « Car si on le laisse au gouvernement israélien actuel et aux dirigeants du Hamas, l’avenir de Gaza sera celui du désespoir, de la division, du dysfonctionnement et de la violence », a-t-il déclaré à Taz.

À ce stade, la réunion de Washington est considérée comme un succès pour l’administration américaine, mais la reconstruction de Gaza reste conditionnée à des défis majeurs, notamment le désarmement du Hamas.

Chiffres clés

  • Aide financière promise : près de 7 milliards de dollars (environ 6,3 milliards d’euros)
  • Contribution américaine : 10 milliards de dollars (environ 9 milliards d’euros)
  • Coût estimé de la reconstruction de Gaza : 53 milliards de dollars (environ 47,5 milliards d’euros)

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