Publié le 8 février 2024 15:06:00. Face à une crise énergétique aiguë exacerbée par les sanctions américaines et la perte de son principal fournisseur, Cuba prend des mesures d’austérité drastiques, affectant les transports, l’éducation et le tourisme.
- Cuba réduit drastiquement les transports publics, limite les cours dans les écoles et les universités, et freine le tourisme pour faire face à une pénurie de carburant.
- Le gouvernement cubain dénonce un « blocus énergétique » imposé par les États-Unis, suite à la chute du régime vénézuélien et aux menaces de sanctions sur les fournisseurs de pétrole de l’île.
- La situation actuelle rappelle la grave crise économique que Cuba a traversée au début des années 1990, après l’effondrement de l’Union soviétique.
La Havane a annoncé hier une série de mesures d’urgence destinées à garantir le fonctionnement des services essentiels et de l’économie, alors que l’île subit les conséquences d’une grave pénurie de carburant. Ces mesures comprennent une réduction significative des transports en bus, train et ferry, ainsi qu’une réorganisation du travail au sein de l’administration publique, qui ne fonctionnera plus que du lundi au jeudi.
Le vice-Premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga a accusé Washington d’imposer un « blocus énergétique » à Cuba, qualifiant la situation d’« escalade agressive ».
« Washington a imposé un blocus énergétique à Cuba dans le cadre d’une escalade agressive. »
Oscar Pérez-Oliva Fraga, vice-Premier ministre
Plusieurs ministres ont présenté les détails du plan à la télévision nationale.
Cette crise trouve son origine dans la rupture de l’approvisionnement pétrolier du Venezuela, un allié stratégique de Cuba, depuis décembre dernier. Cette situation a été précipitée par les sanctions américaines imposées au régime de Nicolás Maduro, dont la chute début janvier a privé Cuba d’un partenaire clé. Par la suite, les menaces de l’administration Trump d’imposer des droits de douane sur les fournisseurs de pétrole cubain ont incité le Mexique, jusqu’alors principal fournisseur de produits pétroliers de l’île, à interrompre ses livraisons.
L’Université de La Havane a annoncé la suspension des cours en présentiel pour une période de 30 jours. Le secteur du tourisme, vital pour les recettes en devises étrangères, sera également affecté, avec une concentration sur les destinations les plus prisées, tout en maintenant les opérations aéroportuaires.
La situation actuelle rappelle douloureusement le début des années 1990, lorsque l’effondrement de l’Union soviétique a plongé Cuba dans sa pire crise économique depuis la révolution de 1959. Le produit intérieur brut avait alors chuté de plus d’un tiers et le pétrole était devenu une denrée rare, avant que l’île ne parvienne à se redresser grâce à l’aide du Venezuela et à l’essor du tourisme.
Les experts préviennent que la situation pourrait encore s’aggraver. Les Cubains sont confrontés depuis des années aux conséquences d’une mauvaise gestion économique et au durcissement de la politique américaine. Les pannes de courant se multiplient, le réseau électrique est en état de délabrement, et la pénurie de nourriture et de médicaments s’accentue, entraînant une diminution du nombre de touristes visitant l’île.