Publié le 2025-10-20 12:00:00. Une énigmatique empreinte laissée dans le ciment sur un trottoir de Chicago, surnommée le « trou à rat », fait l’objet d’une nouvelle étude scientifique qui remet en question son origine animale. Ce vestige, devenu une attraction locale, a été récemment retiré par les autorités municipales.
- Une empreinte de plusieurs décennies dans un trottoir de Chicago, initialement attribuée à un rat, pourrait finalement provenir d’un écureuil.
- Cette découverte est le fruit d’une analyse d’experts de l’Université du Tennessee, publiée dans la revue scientifique *Biology Letters*.
- Suite à une surfréquentation et à des dégradations, le morceau de ciment portant l’empreinte a été retiré par la ville.
Il y a plusieurs décennies, une curieuse empreinte était apparue sur un trottoir du quartier de Roscoe Village à Chicago. L’aspect de cette marque, avec ses pattes écartées, ses griffes fines et une queue, avait rapidement conduit à la baptiser le « trou à rat ». Cette singularité locale est devenue une attraction, attirant curieux et touristes, surtout après qu’une photo de l’empreinte a circulé sur internet début 2024.
Cependant, l’engouement suscité par cette curiosité a fini par agacer certains riverains. La situation a atteint un point critique en avril 2024, lorsqu’un touriste a tenté de « restaurer » l’empreinte en la comblant d’une substance ressemblant à du plâtre. Cet incident a scellé le sort de l’objet : les services municipaux sont intervenus pour prélever le morceau de ciment incriminé et le transporter à l’hôtel de ville.
Parallèlement à cette intervention physique, une investigation scientifique était en cours. Des chercheurs de l’Université du Tennessee se sont penchés sur le mystère de cette empreinte. Après avoir étudié des photographies et comparé les dimensions de l’empreinte à celles d’animaux couramment observés dans la région de Chicago, ils ont publié leurs conclusions dans la revue scientifique *Biology Letters* mercredi dernier. Leurs analyses ont permis d’exclure les oiseaux, serpents, grenouilles et tortues grâce à la présence de pattes et d’une queue. Les petites griffes ont restreint le champ aux mammifères de petite taille tels que les rats, les souris, les écureuils et les rats musqués.
L’étude révèle que les membres antérieurs et postérieurs, ainsi que les phalanges de l’animal, étaient trop longs pour appartenir à un rat. En revanche, ces caractéristiques concordent avec celles d’écureuils gris, d’écureuils noirs ou de rats musqués. L’hypothèse la plus probable, selon les scientifiques, est celle de l’écureuil gris, une espèce très répandue à Chicago. Ils suggèrent qu’un écureuil aurait pu mal évaluer la distance lors d’un saut, ou chuter d’une branche pour atterrir dans le ciment encore frais. Face à ces nouvelles données, les chercheurs proposent de renommer l’empreinte : « L’écureuil des trottoirs de Windy City », afin de mieux refléter son origine présumée.
L’emblématique Rat Hole de Chicago ©AP