Publié le 2025-11-03 18:57:00. Des inondations dévastatrices et des tempêtes violentes ont frappé l’Afrique du Sud en juin 2025, causant de nombreux décès et d’importants dégâts matériels, particulièrement dans les provinces du Cap oriental et du KwaZulu-Natal. Ces événements tragiques mettent en lumière la vulnérabilité croissante du pays face aux impacts du changement climatique, selon une nouvelle enquête d’Afrobaromètre.
- Au moins 103 personnes, dont 32 enfants, ont péri dans des inondations catastrophiques dans le Cap oriental, la ville de Mthatha étant particulièrement touchée.
- Le KwaZulu-Natal a également subi de violentes tempêtes ayant détruit plus de 140 maisons et endommagé 138 écoles dans la communauté rurale d’Impendle.
- Une enquête d’Afrobaromètre révèle une prise de conscience accrue des Sud-Africains face au changement climatique, attribué à l’activité humaine et appelant à une action gouvernementale et internationale urgente.
La province du Cap oriental a été le théâtre d’une tragédie mi-juin, lorsque des pluies diluviennes ont provoqué le débordement d’une rivière, entraînant des inondations meurtrières dans la région de Mthatha. Le bilan s’établit à au moins 103 morts, un bilan particulièrement lourd marqué par la perte de 32 jeunes vies en âge scolaire. Les infrastructures critiques, notamment les routes et les ponts, ont subi des dommages considérables, compliquant les opérations de secours et l’acheminement de l’aide.
Parallèlement, la province voisine du KwaZulu-Natal, habituée aux événements météorologiques extrêmes, n’a pas été épargnée. Au cours de la même période, de violentes tempêtes ont dévasté la communauté rurale d’Impendle, détruisant plus de 140 habitations. L’éducation a également été durement touchée, avec 138 établissements scolaires endommagés dans 12 districts différents. Dans la ville d’eThekwini, la tempête a causé deux décès et endommagé 17 installations gouvernementales, y compris des centres de santé.
Ces catastrophes rappellent brutalement la vulnérabilité de l’Afrique du Sud face aux effets du changement climatique. Le pays est confronté à une fréquence et une intensité croissantes d’inondations, de tempêtes, de sécheresses et d’incendies de forêt. Ces phénomènes engendrent des menaces sérieuses pour la sécurité alimentaire et hydrique, la santé publique, les revenus des populations, l’accès aux services de base et le coût de la vie, en raison de leur impact dévastateur sur l’agriculture, les écosystèmes naturels et le secteur touristique.
Face à ces défis, le gouvernement sud-africain a pris des mesures, notamment avec la Stratégie nationale d’adaptation au changement climatique de 2019 et la Loi sur le changement climatique de 2024, qui visent à faire de la réponse au changement climatique une priorité nationale pour le développement durable. En application de cette nouvelle loi, qui encourage l’élaboration de plans d’adaptation sectoriels, le ministre des Forêts, des Pêches et de l’Environnement, Dion George, a récemment présenté le premier plan d’adaptation spécifique au secteur côtier. Ce plan a pour objectif de protéger les actifs côtiers du pays contre les destructions liées aux événements climatiques extrêmes.
À l’approche de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2025 (COP30) qui se tiendra au Brésil du 10 au 21 novembre, une enquête spéciale menée par Afrobaromètre met en lumière les perceptions et les attitudes des Sud-Africains face au changement climatique. Les résultats révèlent que de nombreux citoyens observent une dégradation des conditions météorologiques locales, avec une augmentation des inondations, des sécheresses et des mauvaises récoltes, particulièrement ressentie dans les provinces du KwaZulu-Natal et du Cap oriental.
L’enquête indique une hausse significative de la proportion de Sud-Africains ayant entendu parler du changement climatique depuis 2018, ainsi qu’une augmentation de ceux qui estiment que le changement climatique détériore leurs conditions de vie. Parmi les personnes sensibilisées, la majorité attribue le phénomène à l’activité humaine et appelle à une action gouvernementale rapide, ainsi qu’à un soutien de la part des pays développés, pour en atténuer les conséquences.
Un nombre notable de Sud-Africains déclarent avoir déjà pris des mesures d’adaptation à titre individuel, notamment concernant la gestion de l’eau, leurs pratiques de travail en extérieur et l’élevage de bétail. De plus, une majorité de la population soutient l’idée d’une pression accrue sur les pays riches pour qu’ils fournissent des ressources financières destinées à aider les Sud-Africains touchés par les dérèglements climatiques. Un appui fort est également exprimé en faveur d’investissements gouvernementaux dans des infrastructures résilientes aux intempéries et dans le financement des énergies éolienne et solaire.