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Des composants découverts sur l’astéroïde Bennu réécrivent l’histoire de l’origine de la vie

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Publié le 12 février 2026 18h30. Des acides aminés, les briques élémentaires de la vie, découverts dans des échantillons de l’astéroïde Bennu pourraient s’être formés dans des conditions spatiales bien plus variées qu’on ne le pensait, révélant de nouvelles pistes sur l’origine de la vie.

  • L’analyse d’échantillons de l’astéroïde Bennu révèle une origine potentiellement différente pour les acides aminés, impliquant des environnements radioactifs et glacés du jeune système solaire.
  • Les résultats de l’équipe de la Pennsylvania State University remettent en question les théories existantes sur la formation des acides aminés dans l’espace.
  • La comparaison avec la météorite Murchison suggère que Bennu et Murchison proviennent de régions chimiquement distinctes du système solaire.

Des chercheurs de la Pennsylvania State University ont annoncé une découverte majeure concernant la formation des acides aminés, des molécules organiques essentielles à la vie, présents dans des échantillons de l’astéroïde Bennu. Ces échantillons, ramenés sur Terre en 2023 grâce à la mission OSIRIS-REx de la NASA, datent de 4,6 milliards d’années et offrent un aperçu unique des conditions qui régnaient à l’aube du système solaire.

Jusqu’à présent, la théorie dominante concernant la formation de la glycine, l’acide aminé le plus simple, reposait sur la synthèse de Strecker, un processus nécessitant la présence d’eau liquide. Cependant, les nouvelles analyses suggèrent que la glycine de Bennu pourrait s’être formée dans un environnement radicalement différent : la glace exposée aux radiations dans les régions les plus éloignées du système solaire primitif. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives sur les conditions propices à l’émergence de la vie.

L’équipe de Penn State a utilisé des instruments de pointe, spécialement modifiés pour mesurer les isotopes et les variations de masse atomique à de très faibles concentrations, afin d’analyser un échantillon de poussière spatiale d’à peine la taille d’une cuillère à café.

« Nos résultats révolutionnent l’idée que nous avions sur la formation des acides aminés dans les astéroïdes »,

Allison Baczynski, professeure de recherche agrégée en géosciences à Penn State et co-auteure principale de l’article.

« Il apparaît maintenant qu’il existe de nombreuses conditions dans lesquelles ces éléments constitutifs de la vie peuvent se former, pas seulement lorsqu’il y a de l’eau liquide chaude. Notre analyse a montré qu’il existe une bien plus grande diversité dans les voies et les conditions dans lesquelles ces acides aminés se forment. »

Pour corroborer leurs résultats, les chercheurs ont comparé les données de Bennu avec celles obtenues à partir de la météorite Murchison, une météorite riche en carbone tombée en Australie en 1969. Ils ont constaté que les molécules présentes dans Murchison semblaient s’être formées dans des conditions nécessitant de l’eau liquide et des températures modérées, typiques des corps parents de ces météorites et de la Terre primitive. En revanche, les acides aminés de Bennu présentent un profil isotopique distinct, suggérant une origine différente.

« Ce qui est vraiment surprenant, c’est que les acides aminés de Bennu présentent un schéma isotopique très différent de celui de Murchison, et ces résultats suggèrent que les corps progéniteurs de Bennu et de Murchison sont probablement originaires de régions chimiquement différentes du système solaire. »

Ophélie McIntosh, chercheuse postdoctorale au Département des géosciences de la Pennsylvania State University et co-auteure principale de l’article.

Cette découverte soulève de nombreuses questions, notamment concernant les formes chirales des acides aminés (leurs « images miroir »). Les chercheurs prévoient de poursuivre leurs analyses sur d’autres météorites afin de déterminer si la diversité des conditions de formation des acides aminés est plus grande qu’on ne le pensait.

La recherche a été financée par plusieurs programmes de la NASA, notamment le programme New Frontiers, qui a financé la mission OSIRIS-REx, et plusieurs bourses de recherche de la NASA, ainsi que par le soutien du partenariat CRESST II de la NASA.

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