Publié le 24 février 2026 à 15h38. Une attaque du groupe rebelle Forces de soutien rapide (RSF) contre la ville de Misteriha, dans la région du Darfour-Nord au Soudan, a fait au moins 28 morts et 39 blessés, aggravant une crise humanitaire déjà catastrophique.
Au moins 28 civils ont été tués et 39 autres blessés, dont dix femmes, lors d’une attaque menée par les Forces de soutien rapide (RSF) contre la ville de Misteriha, dans la province du Darfour-Nord, a rapporté l’organisation humanitaire Soudan Doctors Network sur X.
L’attaque a également entraîné la destruction du seul centre médical de la région, et le personnel soignant a été pris pour cible. Un membre du personnel médical a été capturé et sa localisation actuelle reste inconnue, selon l’agence humanitaire.
Selon l’agence de presse AP, les rebelles des RSF ciblaient Musa Hilal lors de cette attaque. Ce chef de tribu et ancien chef de la milice Janjaweed, dont les RSF sont issues, avait ouvertement exprimé son soutien à l’armée soudanaise et se cachait dans la ville. Les rebelles des RSF avaient déjà lancé une offensive terrestre et pris le contrôle de Misteriha.
Violences aux allures de génocide
Le Réseau des médecins soudanais a fermement condamné cette attaque, soulignant que « des civils ont été tués, la terreur se propage au sein de la population et des établissements de santé ont été attaqués. Cela a entraîné un afflux massif de réfugiés vers les villages et les installations voisines, dans un contexte humanitaire déjà désastreux. »
La guerre au Soudan, qui a débuté en avril 2023 à Khartoum, a dégénéré en un conflit national, provoquant l’une des plus graves crises humanitaires au monde. Environ douze millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et privées de nourriture et de soins médicaux.
Plusieurs pays sont impliqués dans le conflit. Les Émirats arabes unis (EAU), par exemple, fournissent des armes, des véhicules et des mercenaires via le Tchad voisin aux RSF, accusées de génocide et de crimes de guerre.
Une région riche en or
Des experts en droits de l’homme, agissant au nom de l’ONU, ont récemment conclu que « des signes de génocide » étaient présents lors de la prise de la ville d’Al-Fasher. On estime que 6 000 personnes y ont perdu la vie. Selon les enquêteurs, la répression brutale menée par les RSF visait « la destruction physique » des groupes ethniques non arabes.
Suite à la prise de Misteriha, les RSF contrôlent désormais la quasi-totalité du Darfour, une région riche en or située à la frontière avec le Tchad, d’où il est relativement facile de se procurer des armes.