Publié le 29 octobre 2025. Plus de 160 arrestations et des saisies massives de fonds et de biens ont marqué une opération d’envergure en Australie-Méridionale, démantelant des réseaux criminels liés à l’application cryptée AN0M. Cette offensive policière sans précédent vise à porter un coup sévère au crime organisé dans la région.
- Ce mardi, 55 personnes ont été interpellées, portant le total des arrestations à 164 depuis 2021 dans le cadre de l’opération.
- Près de 300 policiers ont participé à des perquisitions ciblant 23 propriétés, aboutissant à la saisie de 25,8 millions de dollars en actifs.
- Un membre d’un gang de motards et des associés de divers groupes criminels figurent parmi les personnes arrêtées.
L’opération policière, qui a mobilisé près de 300 agents avant l’aube, a conduit à l’arrestation de 55 individus ce mardi, portant le nombre total de personnes interpellées dans le cadre de cette initiative à 164 depuis 2021. « C’est un coup dur porté au crime organisé dans toute l’Australie du Sud », a souligné la commissaire adjointe de la police, Linda Williams, qualifiant cette journée d’« sans précédent » pour le service de police de l’Australie-Méridionale (SAPOL). Les forces de l’ordre ont également saisi 25,8 millions de dollars d’actifs, répartis entre 70 véhicules d’une valeur de 2,5 millions de dollars, des comptes bancaires dont les soldes créditeurs ont été limités à environ 588 000 dollars, ainsi que des espèces et diverses substances prohibées.
Les dernières interpellations constituent le troisième volet d’une offensive policière majeure exploitant les informations recueillies via l’application cryptée AN0M. Développée par la Police fédérale australienne (AFP) et disséminée parmi les organisations criminelles dès 2018, cette plateforme a été désactivée en juin 2021 lors de la première phase d’arrestations. Les enquêteurs ont analysé plus de 2,5 millions de messages échangés sur AN0M durant sa période d’activité. Parmi les personnes arrêtées, la police a identifié un membre « à part entière » du gang de motards Comanchero, ainsi que des associés issus de « divers gangs ».
Les personnes interpellées font face à une série d’accusations, incluant le trafic de stupéfiants, la fabrication de drogues et le blanchiment d’argent. « Nous créerons un environnement hostile dans lequel vous pourrez opérer et nous continuerons de le faire », a déclaré la commissaire adjointe Williams, adressant un message dissuasif aux criminels organisés.
Les autorités ont travaillé sans relâche au cours des deux dernières années pour exploiter les renseignements de l’application AN0M. Une décision récente de la Haute Cour, confirmant la légalité de l’utilisation de cette application dans les poursuites judiciaires, a ouvert la voie à ces arrestations massives et à une vague de reconnaissances de culpabilité. « Il s’agissait d’une résolution complexe aux multiples facettes qui a dû être planifiée et qui a nécessité du temps, de la coordination et la mobilisation des ressources », a précisé la commissaire adjointe.
Il est anticipé que le traitement judiciaire des personnes arrêtées aujourd’hui sera plus efficace que celui des arrestations de 2021, dont certaines affaires n’ont pas encore été jugées. De nouvelles interpellations sont probables, même si leur rythme devrait être moins soutenu. Les forces de l’ordre restent vigilantes face à d’éventuels réseaux cherchant à exploiter la situation.
Histoire des arrestations d’Ironside
L’opération Ironside, lancée le 7 juin 2021, avait marqué un tournant avec des arrestations simultanées dans 18 pays. En Australie-Méridionale, 40 personnes avaient été interpellées lors de cette première vague, mobilisant 460 agents et marquant le plus grand nombre d’arrestations pour crime organisé en une seule journée dans l’histoire de l’État. Avant cette opération d’envergure, 33 arrestations supplémentaires étaient déjà liées à Ironside. Au niveau national, cette opération de trois ans avait conduit à l’arrestation de 224 individus pour 525 chefs d’accusation, selon l’AFP de l’époque.
L’application AN0M, conçue pour le partage sécurisé de messages, avait été distribuée à plus de 11 000 membres de groupes criminels organisés à l’échelle internationale. Les autorités ont réussi à intercepter environ 28 millions de messages, dont 19 millions concernant l’Australie, grâce à un système sophistiqué qui copiait les communications en temps réel.