Home International Des manifestants envahissent les rues du Québec pour réclamer l’abolition du programme d’immigration

Des manifestants envahissent les rues du Québec pour réclamer l’abolition du programme d’immigration

0 comments 31 views

Publié le 8 février 2024 à 01:58:00. Des centaines de Québécois ont manifesté samedi dans sept villes de la province pour dénoncer la fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), une mesure d’immigration jugée essentielle par de nombreux nouveaux arrivants et par des acteurs économiques.

  • L’abolition du PEQ, en novembre dernier, a plongé des milliers de travailleurs temporaires dans l’incertitude quant à leur avenir au Québec.
  • Les manifestants réclament notamment que le gouvernement accorde une exemption aux personnes ayant déjà entamé une demande d’immigration via le PEQ.
  • Le nouveau programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) est critiqué pour sa complexité et son orientation vers les régions éloignées de Montréal.

Des rassemblements ont eu lieu notamment à Montréal et à Québec, où les manifestants ont exprimé leur frustration et leur inquiétude face à la décision du gouvernement caquiste. De nombreux nouveaux arrivants, qui avaient choisi le Québec en se basant sur les promesses du PEQ, se retrouvent désormais dans une situation précaire.

Mariia Kolosova, une Ukrainienne arrivée au Québec en 2023, témoigne de cette incertitude. Elle avait étudié le français pendant des années et visait un emploi dans le tourisme pour répondre aux critères du PEQ. La suspension puis l’annulation du programme l’ont laissée dans l’expectative.

« La raison pour laquelle je suis venue au Québec, une des raisons, c’était que mes chances étaient assez élevées. Ukrainiens, beaucoup d’entre nous, nous n’avons pas d’endroit où retourner. Ce n’est pas si facile de changer de vie encore. »

Mariia Kolosova, manifestante

Le PEQ était une voie privilégiée vers la résidence permanente pour les personnes maîtrisant le français et répondant à certains critères. Il permettait une sélection rapide et efficace des candidats à l’immigration.

Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a remplacé le PEQ par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Ce nouveau programme, basé sur un système de points plus complexe, privilégie les candidats résidant en dehors de la région métropolitaine de Montréal et œuvrant dans des secteurs en pénurie de main-d’œuvre, comme la santé et l’éducation.

Florent Pigeyre, conseiller auprès des citoyens français vivant à l’étranger, annonce qu’il coordonne une action collective contre le gouvernement québécois. Il souligne les conséquences dramatiques de cette décision pour de nombreuses familles.

« Je vois beaucoup d’immigrants me contacter parce que les familles se séparent, parce qu’elles doivent se séparer et retourner dans leur pays d’origine. Ce n’était pas le plan. Ce n’est pas ce qui leur avait été vendu par le gouvernement du Québec. »

Florent Pigeyre, conseiller auprès des citoyens français

Aram Musco, un étudiant français installé à Montréal, se dit également inquiet pour son avenir. Il craint l’instabilité des critères du PSTQ.

« Le principal, c’est qu’il est assez difficile d’anticiper les prochaines étapes. Avec le PSTQ, ce qui est assez difficile à gérer et à comprendre, c’est que les critères peuvent évoluer. »

Aram Musco, étudiant

Maxime Gress, membre du collectif Le Québec c’est nous aussi, plaide pour des exemptions pour tous les travailleurs déjà installés au Québec, plutôt que de se concentrer uniquement sur certains secteurs.

« Nous avons tout laissé derrière nous. »

Maxime Gress, membre du collectif Le Québec c’est nous aussi

Des députés libéraux et de Québec solidaire ont également participé aux manifestations, rejoignant les élus municipaux et les syndicats dans leur appel au gouvernement. Ils demandent au moins une exemption pour les personnes ayant déjà entamé une demande via le PEQ.

Sol Zanetti, co-porte-parole de Québec solidaire, a souligné l’importance de garantir la stabilité des nouveaux arrivants et des services publics. André Fortin, député libéral, a critiqué le gouvernement caquiste pour avoir fait de l’immigration un bouc émissaire aux problèmes du Québec.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) s’est également prononcée contre la fin du programme, la qualifiant de « non-sens ».

Le gouvernement québécois maintient que le PSTQ permettra l’établissement d’environ 29 000 immigrants économiques (29 000) dans la province. Il refuse toutefois d’accorder des exemptions pour le PEQ, mais assure que les demandes en cours seront traitées.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.