Publié le 12 février 2026 à 17h19. La Bulgarie est en proie à une série de décès mystérieux dans les montagnes de l’ouest, près de la frontière serbe, suscitant l’inquiétude et alimentant les théories du complot dans un contexte politique déjà fragile.
- Six personnes ont été retrouvées mortes dans des circonstances troublantes, toutes victimes de blessures par balle à la tête.
- Les enquêtes initiales suggèrent des suicides, mais des liens entre les victimes et des soupçons de témoin gênant complexifient l’affaire.
- Un ancien président bulgare dénonce un « choc politique » et réclame des réponses rapides face à la défiance croissante envers les autorités.
L’affaire a débuté avec la découverte de trois hommes – âgés de 45, 49 et 51 ans – décédés dans un chalet incendié au col de Petrohan, une zone montagneuse reliant Sofia à la province du Montana. Tous présentaient des blessures par balle à la tête, et les premiers éléments de l’enquête laissaient penser à des suicides, les armes utilisées ne contenant que l’ADN des victimes.
Mais le mystère s’est épaissi une semaine plus tard avec la découverte de trois nouveaux corps – deux hommes de 51 et 22 ans, ainsi qu’un adolescent de 15 ans – dans une caravane de la même région. Là encore, les victimes avaient été tuées par balle à la tête. La police avait déjà identifié les trois derniers décédés comme étant des personnes d’intérêt dans le cadre de l’enquête sur les premiers décès.
Zahari Vaskov, chef de la police nationale, a qualifié l’affaire de « cas sans précédent dans le pays », tandis que le procureur général Borislav Sarafov a affirmé qu’elle contenait « des détails plus choquants » qu’une série télévisée comme « Twin Peaks ».
Les proches des victimes remettent en question la thèse du suicide, évoquant plutôt un assassinat, en particulier concernant les décès survenus dans la caravane. La mère d’une des victimes a déclaré à la chaîne de télévision Nova :
« Ils ont visiblement été témoins de quelque chose. Pour moi, cela ressemble à un meurtre exécuté par des professionnels. »
Mère d’une victime (Nova)
La zone frontalière avec la Serbie est connue pour des activités illégales telles que le trafic d’êtres humains et l’exploitation forestière, ce qui alimente les spéculations sur un possible lien avec les meurtres.
L’affaire survient dans un contexte politique particulièrement instable en Bulgarie, qui se dirige vers ses huitièmes élections législatives en cinq ans, sans gouvernement stable. L’ancien président Roumen Radev a dénoncé ces décès comme un « choc politique » et un « signe de l’état du pays », appelant à une enquête rapide et transparente.
« Les raisons de ces meurtres doivent être éclaircies au plus vite, l’opinion publique attend des réponses. »
Roumen Radev, ancien président (selon le Guardian)
Une Bulgarie en crise
Le Guardian souligne le manque de confiance des Bulgares envers leurs institutions. Ce scepticisme pourrait contribuer à la prolifération des théories du complot entourant ces décès.
Une enquête menée en 2024 révèle que 70 % des Bulgares croient aux théories du complot et 37 % estiment avoir été victimes de désinformation à un moment donné.