Publié le 9 février 2026 à 23h00. Deux pétroliers vénézuéliens, le Soleil du matin et le Régina, ont été retenus en début de semaine dans les eaux territoriales de Curaçao et de Saint-Eustache, soulevant des questions sur la conformité de la flotte pétrolière vénézuélienne à la reprise des exportations vers les États-Unis.
- Le pétrolier Régina a été arrêté à Curaçao en raison de problèmes liés à son immatriculation et de son pavillon, qui s’avère être celui du Timor oriental, un pays sans registre maritime international reconnu.
- Le Soleil du matin a été immobilisé à Saint-Eustache pour des défauts d’inspection, notamment concernant ses portes coupe-feu, sa pompe à incendie et l’étanchéité de ses écoutilles.
- Ces arrestations interviennent alors que le Venezuela relance ses exportations pétrolières, notamment vers les acheteurs américains et européens, et pourrait inciter à une transition vers des navires-citernes plus modernes et conformes aux normes internationales.
Ces interpellations, signalées par le Maritime Executive et confirmées par le Protocole d’accord des Caraïbes sur le contrôle par l’État du port (CMOU), mettent en lumière les défis auxquels est confrontée la flotte pétrolière vénézuélienne, souvent qualifiée de « flotte fantôme ». Depuis des années, ces navires, souvent vieillissants et peu transparents, sont utilisés pour contourner les sanctions internationales.
L’arrestation du Régina pourrait constituer un revers pour Curaçao, qui ambitionne de devenir une plaque tournante pour le pétrole vénézuélien légitimé. Le Premier ministre de Curaçao, Gilmar Pisas, avait personnellement accueilli l’arrivée du navire lors de sa première escale sur l’île, soulignant l’importance accordée par son gouvernement au commerce pétrolier avec le Venezuela.
Cependant, si les autorités de contrôle appliquent rigoureusement la réglementation, de nombreux navires de cette flotte fantôme risquent de ne pas pouvoir accoster dans les terminaux pétroliers de l’île. Le Régina naviguait sous pavillon du Timor oriental, un pays qui a d’ailleurs demandé aux États du port d’enquêter sur les navires prétendant battre son pavillon. Une enquête sur l’état du navire et son immatriculation est en cours.
À Saint-Eustache, les autorités néerlandaises ont arrêté le Soleil du matin, construit en 1996 et battant pavillon panaméen, pour des défauts d’inspection. La dernière inspection du navire en dehors du Venezuela remontait à 2018 et avait révélé des problèmes significatifs avec la sécurité incendie et l’étanchéité du navire. Les responsables de Saint-Eustache ont confirmé que ces défauts étaient trop nombreux pour autoriser le navire à reprendre la mer.
Parallèlement, des pétroliers ne faisant pas partie de la flotte fantôme ont commencé à affréter des contrats pour acheminer du pétrole vénézuélien vers les États-Unis et l’Europe. L’expérience du Soleil du matin et du Régina pourrait donc accélérer la transition du Venezuela vers l’utilisation de navires-citernes capables de satisfaire aux exigences des ports occidentaux, plutôt que de continuer à dépendre de navires vieillissants et peu fiables.