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Desert Tale Loses Its Way

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Le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun plonge le spectateur au cœur du désert d’Ennedi avec son dernier film, « Soumsoum, la nuit des étoiles ». Une œuvre à la fois mystique et allégorique qui explore le destin d’une jeune femme confrontée à des visions troublantes, mais dont le rythme inégal peine à captiver durablement.

Maïmouna Miawana incarne Kellou, une jeune femme déterminée et au cœur ouvert, qui se sent marginalisée dans son village. Surnommée la « fille de sang » en raison de la mort de sa mère lors de sa naissance, elle est également la fille de Gabra (Ériq Ebouaney), un étranger jamais pleinement intégré à la communauté. Lorsque Kellou commence à être hantée par des visions prémonitoires, elle est saisie par la peur.

Un rayon de soleil illumine sa vie : l’amour de Baba (Christ Assidjim Mbaihornom), un adolescent du village dont la famille désapprouve cette relation. L’isolement de Kellou s’accentue lorsqu’elle se lie d’amitié avec Aya (Achouackh Abakar Souleymane), une femme plus âgée, elle aussi exclue. Aya lui ouvre un monde nouveau, un espace d’acceptation où Kellou aspire avant tout à se libérer des traditions et des coutumes qui pèsent sur les femmes de la communauté.

Le film trouve son cœur dans la relation naissante entre Kellou et Aya. Aya, véritable mentor et amie, rassure Kellou en lui expliquant que ses visions ne font d’elle une personne à part. En retour, Kellou, consciente de la maladie d’Aya, qui tousse constamment, lui promet de prendre soin d’elle. Mais plus leur lien se renforce, plus les villageois les rejettent et les isolent. Gabra est menacé d’expulsion si sa fille continue de rendre visite à Aya, et même Baba commence à prendre ses distances.

Les villageois ne voient pas en Aya l’esprit libre et sage qu’elle est, mais plutôt une femme à la réputation entachée, responsable des malheurs qui frappent le village. Des bébés meurent, des pluies torrentielles ont causé d’importants dégâts, et Aya est considérée comme la cause de ces catastrophes.

Le film atteint son apogée fantastique lorsque Aya raconte les circonstances de sa conception. Kellou est fascinée par son récit d’un festin où les hommes et les femmes dansaient avec abandon, masqués, avant de s’unir. Sa mère ne connaissait que le porteur du masque de singe. Le réalisateur, en collaboration avec le directeur de la photographie Mathieu Giombini, rend cette scène avec une beauté saisissante, laissant le spectateur dans l’incertitude quant à la véracité de ce conte.

Cependant, une fois cette relation établie, le film perd de son élan. Les éléments de réalisme magique s’estompent au profit d’une approche plus allégorique. Gabra pourrait symboliser tous les immigrants, tandis que la quête de liberté de Kellou est un appel à la résistance contre le patriarcat qui impose ses règles aux femmes. Bien que sincère, cette intention manque de la magie et de l’enchantement des scènes précédentes.

Le rythme du film devient lent alors que Kellou s’efforce de tenir sa promesse de prendre soin d’Aya. Si certaines des visions de Kellou se réalisent, rien de dramatique ne se produit réellement. Le spectateur assiste à des scènes répétitives où Kellou défie les villageois, avant de finalement les quitter. Mahamat-Saleh Haroun a créé des éléments riches et enchanteurs, mais n’a pas réussi à les intégrer dans un récit suffisamment captivant.

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