Publié le 27 octobre 2025 10:23:00. Le lauréat du prix Nobel de physique 2019, Didier Queloz, a souligné lors d’une conférence à l’Institut d’Astrophysique des Îles Canaries (IAC) l’impératif de faire évoluer les techniques de détection d’exoplanètes vers l’imagerie directe et l’analyse atmosphérique pour mieux comprendre la diversité planétaire et la recherche de vie.
L’ère de l’imagerie directe pour l’étude des exoplanètes
Didier Queloz, prix Nobel de physique 2019, a appelé de ses vœux un changement d’ère dans la recherche d’exoplanètes. Lors d’une intervention à l’Institut d’Astrophysique des Îles Canaries (IAC), il a souligné les limites des méthodes actuelles, telles que la méthode des transits et celle des vitesses radiales. Selon le scientifique, l’avenir de l’astrophysique planétaire réside dans le développement d’instruments optiques de pointe et de télescopes de nouvelle génération capables de réaliser des images directes des mondes lointains et d’analyser leur atmosphère.
« Nous devons passer à l’imagerie directe ; il n’y a pas d’autre moyen », a martelé le chercheur.
Un « univers généreux » aux multiples facettes
Au cours de sa conférence, Didier Queloz a également abordé la question de la découverte des exoplanètes, mettant en avant la remarquable diversité de ces mondes et le concept d’un « univers généreux ».
« L’univers a été généreux avec nous car nous n’avions jamais imaginé l’énorme diversité des planètes qui existeraient », a-t-il expliqué.
Didier Queloz, Prix Nobel de physique 2019
Cette richesse planétaire, bien que surprenante, ne signifie pas pour autant que la Terre soit unique. Elle suggère plutôt l’existence de multiples voies de formation planétaire. Dans cette optique, le prix Nobel soutient que la vie pourrait être une conséquence naturelle de l’univers, à condition que les environnements planétaires restent stables et favorables sur de longues périodes.
« La recherche de la vie n’est plus seulement l’astronomie ; c’est aussi la géophysique et la chimie. Un jour, nous réaliserons une image directe d’une autre planète comme la Terre, et ce sera un moment historique pour l’humanité », a-t-il ajouté.
Didier Queloz, Prix Nobel de physique 2019
Un soutien concret à l’expérimentation
La visite de Didier Queloz à l’IAC s’inscrivait dans un cadre de collaboration scientifique. Il est venu superviser l’installation d’un nouveau spectrographe à haute stabilité sur le télescope Isaac Newton (INT), situé à l’Observatoire Roque de los Muchachos, sur l’île de La Palma. Cet instrument est une composante clé du projet ‘Terra Hunting Experiment’ (THE), dont l’objectif est de détecter et caractériser les exoplanètes telluriques orbitant autour d’étoiles similaires à notre Soleil.
Dans le cadre de cette coopération, le chercheur s’est entretenu avec les équipes du Laboratoire d’Innovation en Opto-Mécanique (LIOM) de l’IAC afin d’évaluer les avancées dans le développement de technologies optiques et l’intégration d’instruments de pointe.
Les discussions ont notamment porté sur les synergies potentielles dans le domaine de l’instrumentation avancée, incluant l’optique adaptative, l’interférométrie d’annulation, la photonique et l’application de l’intelligence artificielle au pilotage des télescopes.