Publié le 14 février 2026 à 02h00. Disney s’attaque frontalement à ByteDance, la société mère de TikTok, en raison de l’utilisation massive et non autorisée de ses œuvres protégées par le droit d’auteur sur la nouvelle plateforme d’intelligence artificielle Seedance 2.0. Cette action intervient dans un contexte de vives tensions concernant l’impact de l’IA sur la création artistique.
- Disney a envoyé une mise en demeure à ByteDance pour l’utilisation de personnages de Disney, Star Wars et Marvel sur Seedance 2.0.
- La Motion Picture Association (MPA) a également dénoncé les pratiques de Seedance 2.0, qualifiant l’utilisation d’œuvres protégées de « violation massive ».
- Cette affaire s’inscrit dans un mouvement plus large de protestation contre l’utilisation de l’IA pour reproduire des œuvres sans autorisation, mené par des organisations comme SAG-AFTRA et la DGA.
Le géant du divertissement Disney a porté plainte contre ByteDance, la société chinoise à l’origine de TikTok, en raison de l’exploitation non autorisée de son catalogue de propriétés intellectuelles sur la plateforme d’intelligence artificielle Seedance 2.0. Selon Disney, Seedance 2.0 propose une vaste bibliothèque de personnages protégés par le droit d’auteur – incluant des figures emblématiques de Disney, Star Wars, Marvel et même des personnages de séries animées comme Family Guy – présentés comme des éléments graphiques librement utilisables, une situation que Disney juge inacceptable.
Cette action juridique fait suite à une vague de critiques suscitée par le lancement de Seedance 2.0, une plateforme qui permet de créer des vidéos à l’aide de l’IA. La MPA a été la première à exprimer son mécontentement, appelant ByteDance à cesser immédiatement ses activités contrefaisantes. Elle a souligné que le service chinois s’était livré à une « utilisation non autorisée à grande échelle d’œuvres américaines protégées par le droit d’auteur » et que ByteDance ne respectait pas la législation en vigueur sur le droit d’auteur, qui protège les droits des créateurs et soutient des millions d’emplois aux États-Unis.
Dans une lettre adressée à ByteDance, l’avocat de Disney a déclaré :
« Le vol virtuel de la propriété intellectuelle de Disney par ByteDance est délibéré, omniprésent et totalement inacceptable. »
La plateforme Seedance 2.0 a rapidement fait l’objet d’une forte indignation après la diffusion virale de plusieurs deepfakes (fausses vidéos hyperréalistes) basés sur des films hollywoodiens protégés par le droit d’auteur. Parmi ces créations, on pouvait notamment voir une scène de combat opposant Tom Cruise à Brad Pitt, ainsi que des fins alternatives à la série Stranger Things. Ces vidéos, diffusées notamment sur le compte X de Ruairi Robinson, ont illustré la capacité de l’IA à reproduire des œuvres existantes avec un réalisme troublant.
Cette affaire intervient alors que l’industrie du divertissement s’inquiète de plus en plus de l’impact de l’IA sur la création artistique. Une campagne baptisée « Human Artistry », menée par des organisations telles que SAG-AFTRA et la DGA, dénonce l’utilisation de l’IA pour remplacer le travail des créateurs humains. Selon les défenseurs de cette campagne, « voler le travail des créateurs humains dans le but de les remplacer par des créations générées par l’IA est destructeur pour notre culture : voler n’est pas une innovation. »
Disney avait déjà envoyé une mise en demeure similaire à Google en décembre dernier, et ses outils, notamment Gemini et Nano Banana, ont commencé à refuser les requêtes impliquant des personnages appartenant à Disney. Parallèlement, le groupe Disney a conclu un accord d’un milliard de dollars avec OpenAI pour l’utilisation de ses personnages dans l’application vidéo générative Sora, démontrant ainsi sa volonté de s’adapter aux nouvelles technologies tout en protégeant ses droits d’auteur. Plus d’informations sur l’accord Disney-OpenAI.