Les feux d’artifice tirés pour la fête des lumières contribuent à la « pire qualité de l’air au monde » de la capitale indienne.
Publié le 21 octobre 2025. La capitale indienne, New Delhi, suffoque sous un nuage de pollution sans précédent au lendemain des célébrations de Diwali. L’usage massif de feux d’artifice a propulsé la qualité de l’air à des niveaux jugés « dangereux », faisant de la mégapole asiatique la ville la plus polluée au monde.
- L’indice de qualité de l’air (IQA) a atteint 442 mardi matin.
- La concentration de particules fines PM2,5 était 59 fois supérieure aux recommandations de l’OMS.
- Cette pollution s’ajoute aux sources habituelles : circulation, industrie et agriculture.
Les feux d’artifice, tirés lundi soir pour marquer la fête hindoue des lumières, ont exacerbé une situation déjà critique. Comme chaque année, cette tradition festive vient s’ajouter à la pollution endémique de New Delhi, alimentée par le trafic routier, les activités industrielles et les brûlages agricoles qui s’intensifient pendant les mois les plus froids. Selon l’organisation suisse IQAir, la capitale indienne est ainsi redevenue la grande ville la plus polluée de la planète.
Le niveau de PM2,5, ces particules microscopiques capables de pénétrer profondément dans les poumons et de causer de graves problèmes de santé, atteignait mardi matin un seuil alarmant : plus de 59 fois la limite annuelle recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le Central Pollution Control Board (CPCB) indien a quant à lui qualifié la qualité de l’air de « très mauvaise », avec un IQA de 350, bien loin de l’indice « bon » (0 à 50).

Malgré une décision récente de la Cour suprême indienne, qui avait assoupli une interdiction sur les pétards en autorisant l’usage de « crackers verts » (moins polluants) pendant trois heures les dimanche et lundi, de nombreux témoignages font état d’une utilisation bien au-delà des horaires prescrits, alimentant ainsi cet air toxique.
Des jours d’air « très pauvre » attendus
Les perspectives pour les jours à venir ne s’annoncent guère meilleures. Le ministère des Sciences de la Terre anticipe que la qualité de l’air restera « très mauvaise à mauvaise », avec des IQA oscillant entre 201 et 400.
Chaque hiver, la capitale indienne et ses environs sont pris au piège d’un épais smog. L’air froid et lourd retient la poussière des chantiers, les émissions automobiles et la fumée des feux agricoles, affectant la santé respiratoire des quelque 20 millions d’habitants de la région métropolitaine.
Par le passé, les autorités ont tenté de juguler le problème par diverses mesures, telles que la fermeture des écoles, l’arrêt des chantiers de construction et des restrictions de circulation.
L’année précédente, en novembre, Delhi avait connu des semaines de smog qualifié de mortel, l’IQA grimpant jusqu’à plus de 1700 à certains moments – soit plus de 17 fois la limite acceptable.

L’Inde n’est pas le seul pays d’Asie du Sud confronté à une telle dégradation de la qualité de l’air. À Lahore, au Pakistan, l’IQA atteignait 234 mardi, plaçant la ville en deuxième position mondiale des plus polluées, selon les données d’IQAir.
La capitale de la province du Pendjab pakistanais, voisine de l’Inde, a mis en place un « plan d’urgence » incluant la lutte contre les feux de ferme et les véhicules émettant des fumées, ainsi que l’utilisation de canons anti-smog dans les zones les plus touchées. « Le problème majeur à l’heure actuelle provient de l’air venu du Pendjab indien et d’autres régions, qui affecte la qualité de l’air dans diverses zones du Pendjab pakistanais », a déclaré Sajid Bashir, porte-parole de l’Agence de protection de l’environnement du Pendjab.