Publié le 13 février 2026 à 12h06. Une petite île des Caraïbes, Anguilla, tire profit de l’essor de l’intelligence artificielle grâce à son domaine internet « .ai », générant des revenus considérables et investissant dans son avenir.
- Anguilla, avec ses 14 000 habitants, prévoit des revenus annuels d’environ 100 millions de dollars (environ 93 millions d’euros) grâce à la vente de domaines « .ai ».
- L’île a créé un fonds pour assurer une gestion à long terme de cette manne financière inattendue.
- D’autres pays, comme Tuvalu avec son domaine « .tv », ont également trouvé des sources de revenus significatives grâce à leurs extensions de domaine.
Anguilla, une petite île des Caraïbes, a découvert une source de richesse inattendue : son domaine internet de premier niveau « .ai ». Avec l’explosion de l’intelligence artificielle, la demande pour ces adresses a grimpé en flèche, transformant l’économie de l’île et lui permettant d’envisager un avenir plus prospère.
L’État d’Anguilla s’attend désormais à percevoir environ 100 millions de dollars (environ 93 millions d’euros) par an grâce à cette activité. Pour assurer une gestion durable de ces revenus, un fonds a été créé, permettant à l’île d’investir dans des infrastructures et des services publics.
Une loterie alphabétique
Outre certains domaines de premier niveau « génériques » tels que .com pour « entreprise » ou .org pour « organisation », chaque pays dispose également de son propre domaine de premier niveau. Ces derniers sont attribués par l’organisation internationale ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) en fonction des codes de pays ISO (par exemple, « DE » pour l’Allemagne ou « CH » pour la Suisse).
Certains pays ont de la chance et leur abréviation correspond à quelque chose que les entreprises recherchent particulièrement pour leur adresse internet. C’est le cas de Tuvalu, qui commercialise activement ses adresses « .tv » auprès des sociétés de télévision, générant ainsi des millions de dollars de revenus.
La SRF avait également une adresse .tv
Les États fédérés de Micronésie ont également bénéficié de cette chance, le « .fm » étant prisé par les radios, Djibouti (« .dj ») par les musiciens et Antigua-et-Barbuda (« .ag ») par les entreprises germanophones. Les sites internet suisses utilisant l’extension « .be » sont en réalité enregistrés en Belgique, tandis que ceux utilisant « .bs » sont enregistrés aux Bahamas.
Des règles spécifiques
D’autres pays n’ont peut-être pas eu la chance de voir leur abréviation devenir un atout commercial, mais ils parviennent tout de même à tirer profit de leurs domaines de premier niveau en adoptant des règles particulièrement avantageuses, car chaque pays détermine lui-même la manière dont il attribue et gère ses adresses internet.
Tonga (.to) est particulièrement prisé par les services de streaming car les adresses internet peuvent être enregistrées de manière anonyme. Les îles Cocos (.cc) sont également populaires auprès de ceux qui souhaitent préserver leur anonymat, car l’opérateur du site web ne peut pas être identifié.
Une explosion de possibilités
Cependant, les exploitants de sites web n’ont plus besoin d’être aussi inventifs qu’avant et de se tourner vers des destinations exotiques comme Guernesey (.gg) pour obtenir une extension d’adresse sophistiquée. L’ICANN a assoupli les règles il y a une dizaine d’années, permettant à un plus grand nombre d’organisations et d’entreprises de demander leur propre domaine de premier niveau.
Il existe désormais plus de 1 500 terminaisons d’adresse, allant de « .academy » à « .berlin » et « .zone ». En Suisse également, des alternatives au domaine « .ch » ont vu le jour, avec « .swiss » pour les entreprises suisses et « .zuerich » pour les entreprises zurichoises.