Publié le 7 février 2024 22:37:00. Alors que les négociations indirectes sur le programme nucléaire iranien se poursuivent à Oman, les États-Unis ont annoncé de nouveaux droits de douane sur les produits en provenance de pays commerçant avec Téhéran, une mesure justifiée par la menace que représente l’Iran pour la sécurité nationale américaine.
- Les États-Unis imposent un droit de douane supplémentaire de 25 % sur les biens provenant de pays commerçant avec l’Iran.
- Des négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis se déroulent à Oman, avec des positions divergentes.
- L’administration Trump invoque une urgence nationale liée à l’Iran, déclarée initialement en 1995.
Dans un contexte de tensions croissantes, l’administration américaine a renforcé sa pression économique sur l’Iran en annonçant ce vendredi l’instauration de droits de douane supplémentaires. Ce décret, signé par le président Donald Trump, vise les pays qui achètent, importent ou acquièrent des biens ou des services en provenance de la République islamique. Washington justifie cette décision par le fait que les actions de Téhéran continuent de représenter une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.
La Maison Blanche rappelle que l’état d’urgence nationale lié à l’Iran a été déclaré pour la première fois en 1995 et a été régulièrement prolongé depuis, notamment par le biais de sanctions ciblant les secteurs de l’énergie, de la pétrochimie et les droits de l’homme. Selon l’administration Trump, cette nouvelle sanction est une « conséquence » logique de la politique iranienne, jugée toujours susceptible de déstabiliser la région.
Le secrétaire au Commerce américain sera chargé d’identifier les pays effectuant des transactions avec l’Iran, tandis que le secrétaire d’État, en concertation avec d’autres responsables gouvernementaux, déterminera l’étendue précise des droits de douane applicables. Le président Trump se réserve toutefois la possibilité de modifier cet ordre en fonction de la réaction d’autres pays ou d’éventuelles concessions de la part de l’Iran ou des nations concernées.
Parallèlement à cette escalade économique, des négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis se sont tenues ce vendredi à Oman, dans le but de débloquer la situation autour du programme nucléaire iranien. Ces discussions, qui se déroulent sous la médiation d’Oman, sont marquées par des divergences profondes et la menace persistante d’une intervention militaire américaine. Les États-Unis ont d’ailleurs déployé un porte-avions, l’USS Abraham Lincoln, accompagné de trois destroyers lance-missiles, dans les eaux du golfe Persique.
Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr bin Hamad al Busaidi, a joué un rôle central en organisant des rencontres séparées avec son homologue iranien, Abbas Araqchi, ainsi qu’avec l’envoyé spécial de la Maison Blanche, Steve Witkoff, et Jared Kushner. L’objectif était de « créer les conditions appropriées pour la reprise des négociations diplomatiques », selon le ministère des Affaires étrangères d’Oman.
Abbas Araqchi a présenté à son homologue omanais un « plan préliminaire préparé par Téhéran pour gérer la situation actuelle entre l’Iran et les États-Unis », qui a ensuite été transmis à Steve Witkoff lors d’une réunion ultérieure. Les positions des deux pays restent toutefois très éloignées quant à l’agenda des discussions. Les États-Unis souhaitent aborder, outre le programme nucléaire iranien, la question de ses missiles balistiques et son soutien à des groupes régionaux tels que le Hamas, le Hezbollah et les Houthis du Yémen. L’Iran, de son côté, insiste pour limiter les négociations à la seule question de son programme nucléaire.
Les États-Unis cherchent à inscrire à l’ordre du jour, outre le programme nucléaire iranien, la limitation de leurs missiles balistiques et à parler de leur soutien aux groupes régionaux du Hamas, du Hezbollah et des Houthis du Yémen, tandis que Téhéran veut négocier exclusivement la limitation de son programme nucléaire. Plus d’informations sur les négociations à Oman.
Les menaces de Donald Trump d’une intervention militaire dans le pays perse, illustrées par le déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et de son groupe de combat, ajoutent une dimension supplémentaire de tension à ce dossier complexe. Déclaration de Donald Trump concernant le déploiement naval.