Publié le 14 février 2026 à 01h19. Dans un contexte de tensions croissantes avec Téhéran, les États-Unis envisagent un renforcement de leur présence militaire au Moyen-Orient, tandis que l’Iran commémore le 47e anniversaire de sa révolution islamique.
- Les États-Unis vont déployer un second porte-avions, l’USS Gerald R. Ford, au Moyen-Orient « très prochainement ».
- Donald Trump a laissé entendre qu’un « changement de régime » en Iran serait « le mieux qui puisse arriver ».
- Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a salué la participation massive aux célébrations de la révolution, tout en dénonçant les « ennemis » de la République islamique.
L’escalade verbale et les démonstrations de force s’intensifient alors que les négociations indirectes entre Washington et Téhéran concernant le programme nucléaire iranien sont au point mort. Donald Trump a menacé l’Iran de « conséquences douloureuses » si un accord n’est pas trouvé, et a annoncé le déploiement imminent de l’USS Gerald R. Ford depuis les Caraïbes, avec une possible présence prolongée dans la région jusqu’à fin avril ou début mai, selon le New York Times.
S’exprimant depuis la base militaire de Fort Bragg en Caroline du Nord, le président américain a également répondu à une question sur la possibilité d’un changement de régime en Iran par un laconique : « Cela semble être le mieux qui puisse arriver ». Il a par ailleurs souligné que les négociations avec l’Iran, qui durent depuis 47 ans selon lui, n’ont abouti à rien, regrettant la perte de nombreuses vies dans ce processus.
Cette annonce intervient après des manifestations importantes en Iran, réprimées avec violence par les autorités, et alors que les discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran, via des intermédiaires, n’ont pas permis de percée. Mercredi, Donald Trump a rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington, où Israël a insisté pour une pression accrue sur Téhéran. Trump a affirmé qu’il continuerait à chercher un accord, mais sans garantie de succès.
De son côté, l’ayatollah Ali Khamenei a loué la participation de millions de personnes aux célébrations du 47e anniversaire de la révolution islamique de 1979, affirmant que cela avait renforcé la République islamique et déjoué les plans de ses adversaires. Il a déclaré : « Cette année, vous avez fait un excellent travail. Vous avez élevé le statut de l’Iran, accru la force de la République islamique et déçu les espoirs des ennemis. »
Parallèlement, Reza Pahlavi, fils du Shah déchu et figure de proue de l’opposition iranienne en exil, a appelé à de nouvelles formes de protestation, exhortant les citoyens à manifester depuis leurs foyers les 14 et 15 février. L’organisation de défense des droits humains Harrana, basée aux États-Unis, a quant à elle documenté la mort de plus de 7 000 personnes lors des récentes manifestations et continue d’enquêter sur plus de 11 000 autres cas.
L’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions au monde, peut transporter plus de 75 avions militaires, dont des chasseurs F/A-18 Super Hornet et des avions A-2 Hawkeye. Il est équipé d’une nouvelle centrale nucléaire, capable de générer près de trois fois plus d’énergie électrique qu’un porte-avions conventionnel, ainsi que d’un système électromagnétique de lancement d’avions, remplaçant l’ancien système de « catapulte à vapeur ». Construit en 2009 et livré à l’US Navy en 2017, il est considéré comme une « merveille technologique » par la marine américaine.
En novembre dernier, l’Iran avait refusé à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) l’accès à ses sites bombardés en juin. Rafael Grossi, le directeur général de l’AIEA, a estimé vendredi qu’un accord avec Téhéran concernant les inspections liées à son programme nucléaire était « tout à fait possible », mais « très difficile ». En juin, Israël avait mené une opération militaire de 12 jours contre l’Iran, avec le soutien des États-Unis, visant à affaiblir ses capacités nucléaires et balistiques.
Les autorités iraniennes ont libéré jeudi soir deux personnalités réformatrices arrêtées suite aux manifestations de janvier, selon les médias iraniens. Par ailleurs, un jeune Iranien impliqué dans les manifestations de janvier risque la peine de mort après avoir été reconnu coupable du meurtre d’un policier, selon l’Organisation iranienne des droits de l’homme, basée en Norvège.